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	<description>blog de rêves généreux</description>
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		<title>La Libye entre rêve d&#8217;autonomie, réalités politiques et enjeux stratégiques : quelques considérations sur la guerre, les aspirations du peuple insurgé et le rôle de l&#8217;occident, entre devoir moral, intérêts politiques et propagande multilatérale. 0ù comment le peuple libyen risque de passer d&#8217;une tyrannie à une autre, ce qu&#8217;il a à perdre et ce qu&#8217;il a à gagner</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 17:08:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lhg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité de la guerre d'émancipation]]></category>

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		<description><![CDATA[La Libye entre rêve d'autonomie, réalités politiques et enjeux stratégiques : quelques considérations sur la guerre, les aspirations du peuple insurgé et le rôle de l'occident, entre devoir moral, intérêts politiques et propagande multilatérale
 
où comment le peuple libyen risque de passer d'une tyrannie à une autre, ce qu'il a à perdre et ce qu'il a à gagner
 
La guerre fait rage en Libye depuis plusieurs mois. Les événements ont débuté en Février dernier, dans la continuité de ceux de Tunisie, d’Égypte et de l'ensemble du monde arabe. Des manifestations, faisant suite à celles des voisins tunisiens et égyptiens, ont été violemment réprimées de même qu'en Syrie ou à Bahrein où, encore à l'heure où j'écris ces lignes, l'on massacre à huis-clôt. Comme en Tunisie ou en Égypte, le régime a répondu par une répression sanglante, plus intense même que dans ces pays voisins puisque lorsque Kadhafi a ordonné à l'armée de tirer sur les émeutiers, celle-ci n'a pas fait défection comme ce fut le cas en Tunisie ou l'armée protégeait les manifestants de la police. Après les premiers tirs à balles réelles de la police sur les manifestants et le déclenchement des premières émeutes, l'armée a férocement réprimé la population, ce qui a précipité les événements. Contrairement à la Tunisie et à l’Égypte, ce n'est pas une révolution que connaît actuellement la Libye mais bien une guerre civile qui oppose non seulement les insurgés au pouvoir en place mais également une partie de la population à une autre.

L'0NU a répondu en Mars à l'appel des rebelles menacés d'être massacrés par les troupes kadhafistes. Avec le soutien de l'0TAN et de la Ligue Arabe (qui a finalement émis des réserves sur la conduite des opérations par l'Alliance Atlantique), les insurgés prennent en quelques mois le contrôle du pays. Kadhafi est en fuite. Tout semble se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes.

0r depuis quelques semaines, des voix de plus en plus nombreuses et vindicatives s'élèvent contre notre présence en Libye, voire contre notre soutien aux insurgés. 0n lit ici que l'0TAN aurait bombardé des civils, là qu'il aurait outrepassé son mandat, ici encore que la Libye de Kadhafi serait un paradis sur Terre, ou encore, plus prosaïquement, que les rebelles sont un ramassis de terroristes d'Al Quaeda. Qu'en penser ? Il est certain que l'0TAN n'est pas allé en Libye par simple souci humanitaire, et un certain nombre de réserves peuvent être formulées quant à la façon dont a été mené jusque là cette opération. D'un autre côté, l'intervention occidentale semblait indispensable pour éviter l'écrasement de la rébellion. Mais sa victoire est-elle souhaitable ?

Alors fallait-il intervenir ? Devions-nous aller en Libye ? Devons-nous rapatrier nos avions et nos soldats ? Devons-nous abandonner la rébellion, voire comme le clament certains soutenir le régime contre l'insurrection qui vise sa chute ?]]></description>
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<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>La Libye entre rêve d&#8217;autonomie, réalités politiques et enjeux stratégiques : quelques considérations sur la guerre, les aspirations du peuple insurgé et le rôle de l&#8217;occident, entre devoir moral, intérêts politiques et propagande multilatérale</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><em>où comment le peuple libyen risque de passer d&#8217;une tyrannie à une autre, ce qu&#8217;il a à perdre et ce qu&#8217;il a à gagner</em></p>
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<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La guerre fait rage en Libye depuis plusieurs mois. Les événements ont débuté en Février dernier, dans la continuité de ceux de Tunisie, d’Égypte et de l&#8217;ensemble du monde arabe. Des manifestations, faisant suite à celles des voisins tunisiens et égyptiens, ont été violemment réprimées de même qu&#8217;en Syrie ou à Bahrein où, encore à l&#8217;heure où j&#8217;écris ces lignes, l&#8217;on massacre à huis-clôt. Comme en Tunisie ou en Égypte, le régime a répondu par une répression sanglante, plus intense même que dans ces pays voisins puisque lorsque Kadhafi a ordonné à l&#8217;armée de tirer sur les émeutiers, celle-ci n&#8217;a pas fait défection comme ce fut le cas en Tunisie ou l&#8217;armée protégeait les manifestants de la police. Après les premiers tirs à balles réelles de la police sur les manifestants et le déclenchement des premières émeutes, l&#8217;armée a férocement réprimé la population, ce qui a précipité les événements. Contrairement à la Tunisie et à l’Égypte, ce n&#8217;est pas une révolution que connaît actuellement la Libye mais bien une guerre civile qui oppose non seulement les insurgés au pouvoir en place mais également une partie de la population à une autre.</strong></p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;0NU a répondu en Mars à l&#8217;appel des rebelles menacés d&#8217;être massacrés par les troupes kadhafistes. Avec le soutien de l&#8217;0TAN et de la Ligue Arabe (qui a finalement émis des réserves sur la conduite des opérations par l&#8217;Alliance Atlantique), les insurgés prennent en quelques mois le contrôle du pays. Kadhafi est en fuite. Tout semble se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes.</strong></p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>0r depuis quelques semaines, des voix de plus en plus nombreuses et vindicatives s&#8217;élèvent contre notre présence en Libye, voire contre notre soutien aux insurgés. 0n lit ici que l&#8217;0TAN aurait bombardé des civils, là qu&#8217;il aurait outrepassé son mandat, ici encore que la Libye de Kadhafi serait un paradis sur Terre, ou encore, plus prosaïquement,  que les rebelles sont un ramassis de terroristes d&#8217;Al Quaeda. Qu&#8217;en penser ? Il est certain que l&#8217;0TAN n&#8217;est pas allé en Libye par simple souci humanitaire, et un certain nombre de réserves peuvent être formulées quant à la façon dont a été mené jusque là cette opération. D&#8217;un autre côté, l&#8217;intervention occidentale semblait indispensable pour éviter l&#8217;écrasement de la rébellion. Mais sa victoire est-elle souhaitable ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors fallait-il intervenir ? Devions-nous aller en Libye ? Devons-nous rapatrier nos avions et nos soldats ? Devons-nous abandonner la rébellion, voire comme le clament certains soutenir le régime contre l&#8217;insurrection qui vise sa chute ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-105"></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le régime de Kadhafi et la Jamahiriya libyenne, entre belles promesses et réalité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">0fficiellement, la grande Jamahyriya démocratique et socialiste libyenne est une démocratie directe et sociale : l&#8217;on ne peut nier que la Libye est le pays africain ou le niveau de vie est le plus élevé, notamment pour les classes populaires. De réels efforts on été fait par le régime pour fournir une aide sociale considérable à tous les Libyens. D&#8217;autre part, la chose politique est – officiellement – confiée aux conseils démocratiques, ou comités populaires, assemblées de citoyens auxquelles tous peuvent participer. Dans les faits, ces conseils ne décident de rien : les décisions d&#8217;importance sont prises par un régime parallèle, les conseils révolutionnaires soumis à Kadhafi qui y a placé, comme à la tête des administrations, ses hommes les plus fidèles. Ce système conserve aussi l&#8217;organisation tribale historique du pays, le soutien des tribus étant indispensable pour assurer la pérennité du régime. Kadhafi a cependant affaiblit ces tribus en créant des administrations nationales et en favorisant son propre clan qui est notamment la tribu la plus armée et détient les postes clé dans ces administrations.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De la même manière, l&#8217;armée est divisée en deux branches : l&#8217;armée populaire, sous-payée, sous-qualifiée et sous-équipée, et les corps d&#8217;élite fidèles à Kadhafi, dirigés par ses proches, bien équipée, entraînée et grassement payée. Si Kadhafi porte toujours le titre de guide de la révolution, sans avoir de poste officiel au gouvernement, l&#8217;armée d&#8217;élite est son bras armé, la gardienne de la révolution kadhafiste. Le Guide s&#8217;est du reste toujours méfié de l&#8217;armée régulière, responsable de la moitié de la quarantaine de coups d’État qui ont eu lieu depuis 1969. Lui-même n&#8217;a pas fait exception à cette règle puisque c&#8217;est en tant que capitaine, autoproclamé colonel, qu&#8217;il a dirigé le coup d’État qui l&#8217;a propulsé au pouvoir cette année là en renversant le roi Idris 1<sup>er</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La Libye étant officiellement auto-organisée, les partis politiques y sont interdits. Les universités sont sous la coupe de « docteurs de la révolution », fidèles de Kadhafi et mis en place par lui. De plus, les libertés individuelles, notamment d&#8217;information et d&#8217;expression, y sont réduites à néant. Le premier journal libre a ainsi été édité par la rébellion il y a quelques semaines, et les prisons regorgent de prisonniers politiques qui ont eu pour seul tort de vouloir s&#8217;exprimer publiquement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a name="cite_ref-monde-2203_34-0"></a> La tribu Warfalla, concentrée autour de Benghazi d&#8217;où est parti la rébellion, a fait les frais du coup d’État manqué de 1993 : nombre de Warfallites occupant des fonctions dirigeantes dans l’armée ont été emprisonnés ou tués. La Libye a connu nombre de coups d’État avortés et d&#8217;insurrections violemment réprimées depuis l&#8217;accession au pouvoir de Kadhafi. Le 29 juin 1996, le chef des services secrets libyens ordonne l&#8217;exécution de 1270 des 1700 prisonniers rebelles de la prison d&#8217;Abou Salim. Les relations sont dès-lors tendues entre le régime et l&#8217;opposition et des insurrections éclatent périodiquement dans l&#8217;Est du pays durant les années suivantes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Une révolution ? Non une guerre civile : la particularité du mouvement libyen en ce printemps arabe qui se prolonge</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Sous l&#8217;influence de la révolution tunisienne, qui n’est alors qu’en voie de réussir, les premières manifestations ont lieu le 13 janvier en Libye. Les manifestants exigent plus de libertés et de démocratie, un meilleur respect des droits de l&#8217;Homme, une meilleure répartition des richesses ainsi que l&#8217;arrêt de la corruption au sein de l’État et de ses institutions. Le « Guide de la Révolution » libyen, Mouammar Kadhafi, est le plus ancien dirigeant du monde arabe toujours en fonction : il est à la tête de la Libye depuis le premier Septembre 1969, soit près de 42 ans de règne.</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le pouvoir prend d&#8217;abord des mesures préventives : interdiction des rassemblements, annulation de rencontres sportives, suppression des taxes et droits de douane sur les aliments, et quelques mesures sociales, comme une prime de 324 euros par famille. Le 19 janvier, le colonel Kadhafi apporte son soutien au président tunisien Ben Ali</span><span style="color: #000000;">, pourtant en fuite depuis cinq jours.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-monde-2203_34-1"></a> </span><span style="color: #000000;">Puis, le 24 janvier, le pouvoir bloque l&#8217;accès à Youtube. Afin d&#8217;éviter l&#8217;effet domino des voisins tunisiens et égyptiens</span><span style="color: #000000;"> (qui descendent dans les rues le 25)</span><span style="color: #000000;">, le gouvernement prend diverses mesures. Il commande plus de 100 000 tonnes de blé, pour faire baisser les cours locaux. Il annonce le déblocage d&#8217;un fonds de 24 milliards de dollars pour fournir des logements et développer le pays. Le 9 février, </span><span style="color: #000000;">Kadhafi</span><span style="color: #000000;"> affirme que la révolution égyptienne est une « </span><span style="color: #000000;"><em>conspiration orchestrée par Al-Jazeera et les services secrets israéliens</em></span><span style="color: #000000;"> », et déclare qu&#8217;il répondra</span><span style="color: #000000;"> par la force si le chaos s&#8217;installe </span><span style="color: #000000;">dans son pays. Jusqu’à la mi-février, Kadhafi réussit donc à contenir la contestation. Mais le 15 Février, une manifestation a lieu à l’occasion du procès de prisonniers morts en détention</span><span style="color: #000000;"> et dont les mères </span><span style="color: #000000;">se sont rassemblées devant le tribunal. Elles sont rejointes dans la soirée par</span><span style="color: #000000;"> des </span><span style="color: #000000;">avocats protestant contre l’arrestation de leur collègue, Fathi Tirbil, qui défendait les prisonniers morts lors du massacre d&#8217;Abou Salim. Il est libéré dans la nuit. Entre temps, la police n’a pas osé disperser les manifestants, rejoints par des jeunes hommes qui ont commencé à affluer dans la soirée.</span><span style="color: #000000;"> Les rassemblements prennent de l&#8217;ampleur et se multiplient dès le lendemain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le pouvoir en place a déjà prévu l&#8217;insurrection des jours suivants : le PDG du constructeur français de véhicules militaires</span> Panhard General Defense a confirmé dès le 2 Février avoir été contacté par les gardes-frontière libyens souhaitant négocier l&#8217;achat de 120 véhicules blindés légers VBR. Le pouvoir libyen est par ailleurs confronté à une guérilla intermittente menée par les islamistes principalement en Cyrénaïque. Mais le mouvement de Février constitue un soulèvement populaire, mené par des jeunes urbains, des mères de prisonniers et des intellectuels de professions libérales, mouvement d&#8217;abord non-organisé et prenant la forme de simples manifestations que la police va violemment réprimer, précipitant l&#8217;insurrection.</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des manifestations ont lieu à Benghazi le soir du 15 février, durement réprimées par la police qui utilise des armes à feu, en plus des canons à eau et des lacrymogènes, jusque tard dans la nuit. Les affrontements font au moins 38 blessés, dont dix policiers et 4 morts à Al-Baïda.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-58"></a></span><span style="color: #000000;">Le lendemain, les manifestants de Benghazi qui protestent contre la détention d&#8217;un avocat et activiste des droits de l&#8217;homme, sont attaqués par la milice défendant le pouvoir, les </span><span style="color: #000000;"><em>gardiens de la Révolution</em></span><span style="color: #000000;">, armés de bâtons cloutés et de sabres. Les autorités payent des prisonniers pour réprimer les manifestants.</span><span style="color: #000000;"> Les manifestations jusque là pacifiques font place à des émeutes d&#8217;une rare violence. D&#8217;autres villes de l&#8217;Ouest du pays se soulèvent.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le jeudi 17 Février, appelé « journée de la colère » par les opposants, les manifestations s&#8217;intensifient dans l&#8217;Est du pays, notamment à Benghazi où un kamikaze du nom d’Almahdi Ziou jette sa voiture bourrée d’explosifs contre le portail de la caserne. Les insurgés</span><span style="color: #000000;"> prennent les </span><span style="color: #000000;">armes. Les loyalistes en se repliant font sauter les dépôts d&#8217;armes et de munitions. A El Beïda, les forces de police se rallient aux </span><span style="color: #000000;">émeutiers</span><span style="color: #000000;">. Dans cette dernière ville, treize manifestants auraient été tués par des tirs de francs-tireurs. À l&#8217;0uest du pays, une brigade est envoyée par Kadhafi pour reprendre la ville de Zenten</span><span style="color: #000000;"> tombée aux mains des insurgés</span><span style="color: #000000;">, mais elle se heurte aux émeutiers qui emprisonnent douze mercenaires africains.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-61"></a> Les villes de Benghazi et d&#8217;El Beïda tombent avant la fin du lendemain entre les mains des insurgés. Des soldats et des policiers rejoignent la rébellion qui commence à s&#8217;organiser. Benghazi deviendra le fief du mouvement révolutionnaire dans les semaines qui suivront. Le 19 Février, l&#8217;on y dénombre une cinquantaine de morts. Forces de police n&#8217;ayant pas fait défection, quelques brigades militaires, milices loyalistes et mercenaires d&#8217;Afrique noire payés par le régime combattent les émeutiers. Une mutinerie permet à mille détenus de la prison de Benghazi de s&#8217;évader ; seuls cent cinquante sont repris.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-62"></a><a name="cite_ref-63"></a> </span><span style="color: #000000;">Les autorités libyennes coupent l&#8217;accès</span><span style="color: #000000;"> à </span><span style="color: #000000;">Internet dans la nuit du 18 au 19, puis de nouveau la nuit suivante. Le premier soutien international concret est fourni alors par les </span><span style="color: #000000;">cyberhacktivistes</span><span style="color: #000000;"> du réseau Anonymous, qui fournissent des packs logiciels permettant de contourner la censure, et collectent des informations afin de les diffuser dans le monde, une initiative saluée par Reporters Sans Frontières.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Durant la journée du 20 février, deux tribus touaregs et la Warfala se rallient à l’insurrection ; des personnalités démissionnent de leur poste pour rejoindre la révolution : Abdel Moneim al-Honi,  représentant de la Libye à la Ligue Arabe et un diplomate en Chine. L’ambassadeur en Inde démissionne</span><span style="color: #000000;"> quant à lui</span><span style="color: #000000;"> sans annoncer qu’il rejoint les insurgés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-rsr-2102_69-0"></a></span><span style="color: #000000;">Dans un discours retransmis par la télévision à minuit (dans la nuit du 20 au 21), le fils de Kadhafi, Saïf al-Islam (qui n&#8217;exerce officiellement aucune fonction politique), exige la fin des manifestations et menace de faire intervenir l&#8217;armée. Il promet des réformes politiques, et accuse les manifestants d’être ivres ou drogués. Le premier ministre Baghdadi Ali al-Mahmoudi affirme que « </span><span style="color: #000000;"><em>la Libye est en droit de prendre toutes les mesures</em></span><span style="color: #000000;"> » pour préserver le pouvoir en place et l&#8217;unité du pays. L&#8217;intervention télévisée du fils du colonel Kadhafi provoque le redoublement des assauts des manifestants. La maison du Peuple (où se tient le parlement) et des bâtiments officiels de la capitale sont incendiés. Le 21 février, </span><span style="color: #000000;"><em>Human Rights Watch</em></span><span style="color: #000000;"> fait état d&#8217;au moins 233 morts dans le pays, dont 90 en Cyrénaïque ; le bilan à Benghazi serait de 300 morts et 1 000 blessés selon l&#8217;ONG </span><span style="color: #000000;"><em>Libyan Human Rights Solidarity</em></span><span style="color: #000000;">.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La Fédération Internationale des Droits de l&#8217;Homme annonce que les villes de Benghazi, Tobrouk, Misrata, Khoms, Tarhouna, Zliten, Zaouïa et Zouara seraient tombées partiellement ou en totalité entre les mains des insurgés</span><span style="color: #000000;"> qui réclament désormais le départ de Kadhafi et la démocratisation du pays</span><span style="color: #000000;">. </span><span style="color: #000000;">0fficiellement, ce dernier n&#8217;occupe aucun poste politique depuis 1979 mais demeure le « Guide de la révolution ». C&#8217;est pourtant lui qui prend toutes les décisions importantes en Libye, n&#8217;hésite pas à dicter sa loi à la « justice », et il refuse fermement d&#8217;abandonner cette « fonction » de dirigeant </span><span style="color: #000000;"><em>de facto</em></span><span style="color: #000000;">.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il est également rapporté que des policiers et des soldats auraient rejoint les rebelles. Des informations concernant Syrte (ville natale de Kadhafi) sont contradictoires. Le soir, l&#8217;armée aurait commencé à bombarder la ville de Misrata et aurait prévu de bombarder Benghazi dès minuit.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les 20 et 21 Février, la contestation s’étend à Tripoli, la capitale. Les 40 000 à 50 000 manifestants y affrontent les forces de l’ordre, qui auraient tué plus de soixante personnes en une journée. Selon Al-Jazeera, la plupart des commissariats de police du centre-ville ont brûlé et les émeutiers se sont emparés de l&#8217;aéroport de Tripoli en milieu de journée. Le siège du gouvernement est incendié, et le palais de Kadhafi est encerclé par les insurgés. En fin de journée, selon </span><span style="color: #000000;"><em>The Guardian</em></span><span style="color: #000000;"> et Al-Jazeera, des avions militaires ont ouvert le feu sur les manifestants de Tripoli. La chaîne qatarie évoque le nombre de 250 morts. Selon des témoins, l&#8217;armée a également bombardé des quartiers entiers et aurait ainsi tué une centaine de personnes. Deux colonels de l&#8217;armée de l&#8217;air libyenne à bord de deux Mirages F1 ont refusé de bombarder les manifestants et se sont réfugiés à Malte où ils ont demandé l&#8217;asile politique, ainsi que sept personnes dont au moins un ressortissant français, arrivées à bord de deux hélicoptères. L&#8217;Italie envoie au sud de la péninsule des avions militaires en cas d&#8217;alerte. Mohamed Bayou, ancien porte-parole du gouvernement, critique la répression et appelle le pouvoir à engager une transition. Le ministre de la Justice Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil démissionne pour « </span><span style="color: #000000;"><em>protester contre l&#8217;usage excessif de la force</em></span><span style="color: #000000;"> ».</span><span style="color: #000000;"> C&#8217;est le début d&#8217;une guerre civile qui durera (au moins) six mois.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-rue89-2102_70-3"></a><a name="cite_ref-86"></a> </span><span style="color: #000000;">La contestation s’étend au champ social avec les personnels du champ de pétrole de Al-Nafoura qui se mettent en grève. De nombreuses autorités intellectuelles et spirituelles appellent au renversement du régime de Kadhafi, tandis que des groupes d&#8217;officiers appellent leurs troupes à faire défection et à rejoindre les insurgés. Des unités de l’armée fuient à l’étranger plutôt que de combattre les rebelles</span><span style="color: #000000;"> voire se rallient au mouvement. </span><span style="color: #000000;">De nombreux ambassadeurs démissionnent ou affirment ne plus servir le régime de Kadhafi mais se mettre au service du peuple libyen. Dans la soirée, c’est le ministre de l’Intérieur Abdelfattah Younès qui démissionne et appelle lui aussi l’armée à rejoindre les insurgés. Selon </span><span style="color: #000000;"><em>The Guardian</em></span><span style="color: #000000;">, les 7</span><span style="color: #000000;"><sup>ème</sup></span><span style="color: #000000;"> et 9</span><span style="color: #000000;"><sup>ème</sup></span><span style="color: #000000;"> brigades, qui avaient permis à Kadhafi de prendre le pouvoir en 1969, ont rallié les insurgés à Tarhounah.</span><span style="color: #000000;"> Kadhafi annonce avec véhémence son refus de se plier aux exigences des rebelles, se disant prêt à mourir en martyre, appelant ses fidèles à descendre dans les rues et promettant la peine de mort à ceux qui menacent l&#8217;unité du pays.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le 22 février, plusieurs reporters d’Al Jazeera et occidentaux pénètrent en Libye, et signalent que les frontières ne sont plus gardées. L’Est du pays, de Benghazi à la frontière égyptienne, est sous le contrôle des insurgés, épaulés par des militaires. Les villes de ces zones sont administrées par les habitants. Enfin, les livraisons de gaz naturel par le gazoduc sous-marin entre la Libye et l’Italie sont interrompues le 22 février. Les compagnies pétrolières occidentales rapatriant leurs employés, les exportations d’hydrocarbures diminuent peu à peu.</span><span style="color: #000000;"> Dans les jours qui suivent, plusieurs nouvelles villes tombent aux mains des rebelles qui se cordonnent au sein de plusieurs organisations, souvent créées pour l&#8217;occasion, comme le fameux Conseil National de Transition qui sera reconnu par une grande partie de la communauté internationale comme seule autorité légitime en Libye dans les semaines qui suivent.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Kadhafi commence à armer les civils qui lui sont fidèles tandis que la rébellion progresse dans l&#8217;Est du pays. </span><span style="color: #000000;">Le 25 février, les manifestants commencent une marche pour libérer la capitale défendue par la 32</span><span style="color: #000000;"><sup>e</sup></span><span style="color: #000000;"> brigade, unité d&#8217;élite de 10 000 hommes, considérée comme la plus performante des trois unités de protection du régime, et commandée par Khamis, le fils cadet de Kadhafi.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-100"></a> </span><span style="color: #000000;">Le 26 février, de violents accrochages ont lieu dans les rues de la capitale libyenne, pendant la nuit. Le fils du colonel Kadhafi, Saïf al-Islam, propose dans la soirée devant des journalistes étrangers un cessez-le-feu</span><span style="color: #000000;"> qui ne sera pas respecté.</span><span style="color: #000000;"> Les rues de Tripoli sont désertées pendant la journée, on y voit seulement des soldats pro-Kadhafi qui effectuent des patrouilles en 4&#215;4.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Conseil National de Transition est formé le lendemain, 27 Février, à Benghazi, fusionnant deux instances provisoires, le <em>C</em><em>onseil National Libyen</em> et le gouvernement provisoire de l&#8217;ancien ministre de la justice Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil, qui a fait défection. La Libye est donc partagée entre deux pouvoirs concurrents. Les rebelles s&#8217;organisent dans les villes qu&#8217;ils contrôlent. L&#8217;information est relayée par des médias libres, les premiers de l&#8217;Histoire de la Libye, qui se montent ça et là.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&#8217;armée loyaliste lance une contre-offensive le 1<sup>er</sup> Mars et reprend les villes de Sabratha, Zintan et Gharyan, situées aux environs de la capitale. Des bombardements ont lieu plus à l&#8217;Est, sur Ajdabiya. Marsa El Brega est attaquée le lendemain. Le terminal pétrolier et l&#8217;aéroport tombent entre les mains des loyalistes avant d&#8217;être repris par les rebelles. La ville est alors elle aussi soumise à des bombardements. De nombreuses victimes civiles sont dénombrées. La semaine qui suit voit toutefois une nette avancée des rebelles.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le CNT tient sa première réunion le 5 mars dans un lieu secret et se proclame « seul représentant » légitime du pays. La France sera le premier pays à le reconnaître comme tel, le 12 Mars, et adoptera avec le Royaume-Uni une position commune pour le sommet européen du 11 mars.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La situation libyenne à la mi-Mars : l&#8217;urgence d&#8217;une solution</strong></span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A partir du 7 Mars, la tendance s&#8217;inverse : l&#8217;offensive loyaliste chasse ville après ville les rebelles de leurs positions. La France aurait livré des armes aux rebelles dès le 6 Mars (information confirmée par le Canard Enchaîné), mais ceux-ci ne parviennent pas à résister à l&#8217;avancée de l&#8217;armée kadhafiste. Le 11, le « Guide » renforce sa contre-offensive sur le terrain, par air (bombardements), par terre (artillerie lourde), mais également par mer (tirs nourris sur la population depuis des navires de guerre). Les insurgés, sous-armés et accusant de lourdes pertes, sont alors contraints de se replier mais annoncent à la stupeur générale avoir repris Marsa el Brega deux jours plus tard. Les annonces anticipées de part et d&#8217;autre font qu&#8217;il devient plus difficile d&#8217;avoir une idée précise de la situation réelle. La bataille médiatique commence.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La Ligue arabe apporte ce même samedi son soutien à une zone d&#8217;exclusion aérienne demandée par l&#8217;opposition libyenne, en estimant que le régime de Kadhafi a « perdu sa légitimité » du fait des « violations dangereuses » commises.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">la colonne sanglante et les réactions de la communauté internationale</span></span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le CNT, principale organisation de l&#8217;opposition libyenne, et le gros des forces rebelles se trouvent bientôt pris au piège dans une Benghazi vers laquelle progresse l&#8217;armée loyaliste. Saïf al-Islam Kadhafi promet aux rebelles « des rivières de sang ». Les rebelles sont exterminés par les militaires fidèles au régime dans chaque ville reprise. Il semble que rien ne puisse plus arrêter le triomphe du colonel et un véritable bain de sang à Benghazi, avec exécutions sommaires à la clé pour les rebelles.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-136"></a></span><span style="color: #000000;">Le jeudi 17 Mars, la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies est votée en fin de soirée pour protéger Benghazi d’un massacre.</span><span style="color: #000000;"> Cette résolution autorise des frappes aériennes destinées à mettre en place une zone d&#8217;exclusion aérienne, empêchant l&#8217;aviation kadhafiste de bombarder les villes rebelles, et permet de « </span><span style="color: #000000;"><em>pr</em></span><span style="color: #000000;"><em>endre toutes mesures nécessaires</em> [...] <em>pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne</em> », le paragraphe 9 de la résolution 1970 fixant toutefois certaines limites aux moyens à employer.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mouammar Kadhafi a déclaré au préalable qu&#8217;en cas d&#8217;intervention militaire, ses forces attaqueraient les avions et bateaux civils traversant la Méditerranée.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les informations sur place se font rares,<span style="color: #000000;"> en raison tant de </span>la fuite des journalistes des zones de combat <span style="color: #000000;">que de</span> la discrétion des informateurs autochtones inquiets à mesure de la progression de l&#8217;armée. Le difficile contact direct avec les insurgés donne de nouveau plusieurs informations contradictoires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="cite_ref-138"></a><a name="cite_ref-139"></a> </span><span style="color: #000000;">Le vendredi 18 Mars, le colonel Kadhafi annonce à nouveau un cessez-le-feu immédiat, et il promet l’amnistie aux insurgés qui feraient leur reddition. Son fils Saïf al-Islam Kadhafi déclare ne faire entrer que les forces civiles anti-terroristes à Benghazi sans se servir de l&#8217;armée. Mais ces engagements ne sont pas tenus. Le même jour, l&#8217;annonce de l’intervention imminente de pays membres de l&#8217;ONU provoque des manifestations de liesse et de remerciement dans les zones insurgées encore libres et amène les forces gouvernementales à se retrancher aux abords de Benghazi.</span><span style="color: #000000;"> La colonne sanglante est momentanément stoppée. </span><span style="color: #000000;">Dans le reste du pays, les manifestations en faveur du régime de Kadhafi ont été modérées avec</span><span style="color: #000000;"> toutefois quelques </span><span style="color: #000000;">coups d&#8217;éclat comme</span><span style="color: #000000;"> lors de </span><span style="color: #000000;">la conférence aux médias convoquée à Tripoli de Saïf al-Islam envahie par une manifestation de ses soutiens.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Qui sont les rebelles ?</strong></span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les manifestants de Février étaient essentiellement des jeunes hommes des grandes villes du pays, des intellectuels de professions libérales comme des avocats, et des mères de prisonniers, souvent politiques. Par ailleurs, le régime était depuis le milieu des années 90 aux prises avec une insurrection intermittente menée par les islamistes. Ces deux populations aux aspirations différentes voire souvent incompatibles se sont trouvées engagées côte à côte contre un ennemi commun : le régime de Kadhafi, ce qui illustre assez bien l&#8217;ambiguïté du mouvement révolutionnaire. S&#8217;il est incontestable que des groupes islamistes bien organisés combattent au sein des forces rebelles, et possèdent une certaine écoute de la part des dirigeants du CNT, le gros des rebelles représente une catégorie de la population assez jeune, généralement bien éduquée et aspirant à plus de libertés individuelles et de démocratie, ce qui est incompatible avec le conservatisme moral des islamistes. Pour ajouter à la confusion, certains dirigeants du CNT sont des transfuges du régime kadhafiste qui ont par le passé œuvré à l&#8217;oppression du peuple libyen. Ainsi, Moustafa Abdel Jalil, chef du CNT, est l&#8217;ancien Secrétaire du Comité général du peuple à la justice de Kadhafi. Il a du sang libyen sur les mains et c&#8217;est encore lui qui a fait obstruction tant qu&#8217;il le pouvait à la libération des infirmières bulgares, ce scandale qui nous donné l&#8217;occasion de voir un Kadhafi prêt à tout jusqu&#8217;à la mise à mort de nombreux innocents pour extorquer des fonds à l&#8217;Union Européenne. S&#8217;il est incontestable que l&#8217;Europe a une dette envers les peuples africains, ne serait-ce qu&#8217;au regard de la colonisation passée et du néo-colonialisme pas seulement économique actuel, souvenons-nous également que les infirmières bulgares furent les otages innocents, torturés durant de longues années et menacés de mort, d&#8217;un chantage dont les moyens étaient d&#8217;emblée incompatibles avec les fins revendiquées. Comment en effet justifier au nom du droit le massacre d&#8217;innocents ?</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Plusieurs dirigeants du CNT sont ainsi d&#8217;anciens proches du régime ayant contribué activement à l&#8217;oppression du peuple de Libye, ce qui laisse planer de sérieux doutes sur ce qu&#8217;ils pourraient faire s&#8217;ils étaient au pouvoir. Les autres sont pour la plupart des membres de la tribu Harabi historiquement liée à Benghazi. Toutefois, le CNT n&#8217;est pas la seule organisation rebelle, n&#8217;en déplaise à BHL qui a tout fait pour qu&#8217;il soit notre seul interlocuteur sur place : de nombreux groupes coexistent, des groupes islamistes aux factions politiques libérales, socialistes, démocrates, nationalistes ou encore libertaires.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par ailleurs, les forces politiques les plus organisées étant les organisations islamistes telles les Frères Musulmans, l&#8217;on peut craindre une certaine réaction morale qui menacerait les libertés individuelles&#8230; si les libyens en avaient : le fait est que sous le régime kadhafiste, celles-ci étaient radicalement absentes.</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais le gros des forces rebelles, outre les mutins, et surtout de leurs soutiens nationaux, des personnes qui veulent le départ de Kadhafi, est composé de simples libyens, souvent jeunes et éduqués, qui aspirent comme leurs frères tunisiens, égyptiens ou syriens, à plus de liberté et de démocratie. Le risque est grand pour eux de voir ces rêves trahis par leurs leaders ou vendus à l&#8217;0ccident. Pour autant, pourrions-nous encore nous regarder en face si nous avions laissé le pouvoir en place les massacrer ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&#8217;organisation <em>Human Right Watch</em> a rapporté des exactions (violences, pillages, incendies d&#8217;habitations) commises par les forces rebelles. Comme toujours dans ce type de situation, le climat de peur conduit à des déferlements de violence, de part et d&#8217;autre, à l&#8217;encontre de ceux qui sont soupçonnés de collaborer avec l&#8217;ennemi. Il convient toutefois, si l&#8217;on peut comprendre les causes de tels débordements, de ne pas excuser ces crimes. La France a réclamé une enquête et des sanctions. </span><span style="color: #000000;">Le colonel rebelle El-Moktar Firnana assure qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;actes isolés dont les coupables ont été punis. Le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, a également admis « quelques incidents »</span><span style="color: #000000;"> qui auraient eu lieu selon lui uniquement durant les deux premières semaines de l&#8217;insurrection lancée à la mi-février. </span><span style="color: #000000;">« </span><span style="color: #000000;"><em>Ce n&#8217;est plus le cas dans les zones libérées »</em></span><span style="color: #000000;">, a-t-il affirmé.</span><span style="color: #000000;"> A ce jour, et même si les rumeurs vont bon train, rien ne permet de faire état de violences massives de la part des rebelles, qui ont en revanche subis une répression sanglante de la part des troupes loyalistes dès le déclenchement des premières manifestations, répression qui a porté aveuglément sur les combattants comme sur les civils.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors, devions-nous aller en Libye ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">0ui, nous avions le devoir moral d&#8217;intervenir, sous peine de trahir tous les fondements de nos idéaux de Justice universelle et de Liberté, et de nous rendre coupables par notre inaction d&#8217;avoir laissé mourir des milliers d&#8217;insurgés, au premier rangs desquels, devant les leaders transfuges ou islamistes, une frange non négligeable du peuple libyen révolté après quarante ans de despotisme. Celui qui a soutenu la révolution tunisienne ne peut sans incohérence ne pas être solidaire des insurgés libyens, car si la situation est différente, les aspirations sont les mêmes. Cette conviction ne doit toutefois pas nous interdire de porter un regard critique sur le déroulement des opérations.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Pourquoi sommes-nous allés en Libye ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il y a à cela plusieurs raisons. Il est évident que si l&#8217;0TAN est en Libye c&#8217;est qu&#8217;il y possède quelque intérêt : favoriser le départ d&#8217;un Kadhafi qui joue les éternels trublions ; faire main-basse sur le pétrole libyen et en offrir l&#8217;exploitation clé en main aux compagnies pétrolières occidentales ; mettre ou remettre un pied au Maghreb pour certains, y renforcer sa présence pour les autres&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour autant, il faut prendre en compte un autre facteur : la sympathie des populations occidentales pour les mouvements du printemps arabe. D&#8217;une part, tout bon électoraliste vous dira qu&#8217;à moins d&#8217;un an des présidentielles il faut savoir aller dans le sens du vent. D&#8217;autre part, et même si cela n&#8217;en a pas l&#8217;air, les hommes de pouvoir ont aussi des émotions et de la compassion, même si celle-ci est souvent étouffée par leur arrivisme. Certes, « <em>Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer </em>» écrivait La Rochefoucault. Je ne sais pas si N. Sarkozy a de la sympathie pour le peuple libyen. Peut-être que oui ; peut-être que non. De toute façon ça ne pèse pas lourd face à son intérêt d&#8217;entrer en guerre et de s&#8217;assurer juste avant les élections une victoire facile sur un État de faible puissance militaire. En revanche, je crois que BHL a été sincèrement ému par la cause des rebelles et le massacre annoncé. L&#8217;on peut lui reprocher beaucoup de choses : son arrivisme, son manque d’honnêteté intellectuelle et de rigueur philosophique, son soutien à la politique colonialiste d&#8217;Israël, et jusqu&#8217;à ses erreurs de jugements sur la question libyenne (notamment en refusant tout autre interlocuteur que le CNT), mais il me paraît clair que sa motivation première était de soutenir une cause qu&#8217;il croyait juste&#8230; et de redorer son image bien écornée par ses dernières sorties en soutenant un peuple en lutte, cela va sans dire. Il a usé de son influence pour convaincre le président de la République d&#8217;intervenir en Libye. L&#8217;on peut le lui reprocher (mais que celui qui n&#8217;a jamais péché lui jette la première pierre : à sa place, j&#8217;en aurais fait autant) ; au moins la cause était juste. Que l&#8217;0TAN ait des intérêts stratégiques en Libye, que Sarko cherche à se faire réélire, que Cameron cherche à renflouer BP avec le pétrole libyen, que BHL soit un con&#8230; tout cela ne doit pas nous rendre aveugles au fait que, pour le coup, leurs intérêts et ceux du peuple libyen soient allés dans le même sens : celui d&#8217;une intervention qui a sauvé la rébellion d&#8217;une mort certaine et particulièrement cruelle. Reste à voir combien de temps durera cette convergence d&#8217;intérêts, ce qui sera déterminé par les appétits des uns et des autres, les sacrifices que seront prêts à faire les libyens, leur capacité de résistance face aux ambitions de l&#8217;0ccident&#8230; et l&#8217;attitude concrète des populations occidentales lorsque débutera le partage du gâteau ! Ces populations qui ont accueilli avec sympathie la révolution tunisienne et crachent sur les rebelles libyens à présent que nous leur avons envoyé des troupes ou à tout le moins des avions et des armes, aurons je l&#8217;espère à cœur de peser sur leurs dirigeants pour défendre les intérêts du peuple libyen.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dénoncer le risque d&#8217;une récupération de la révolution libyenne par les islamistes, l&#8217;élite politique du pays ou les États membres de l&#8217;0TAN est une chose plutôt saine. Cela en est une toute autre que de dire que l&#8217;on aurait du laisser Kadhafi agir à sa guise et massacrer son peuple. Certes nous avons bien fait d&#8217;intervenir, et le reconnaître n&#8217;exclut pas la vigilance à l&#8217;égard du déroulement des opérations.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Pourtant, des critiques de plus en plus nombreuses et virulentes se font entendre.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;on nous dit que l&#8217;0TAN est une force impérialiste qui viole la souveraineté d&#8217;un État de droit. Le droit international a été bafoué. Nous ne contesterons certes pas l&#8217;impérialisme de l&#8217;0TAN, et rappelons à la vigilance quant à ses prétentions futures sur les ressources et la souveraineté libyenne. Mais quel État de droit, quel droit en Libye ? Quelle souveraineté populaire pourrait bien avoir été violée alors que le pays était tout entier sous la coupe d&#8217;un tyran ? Même les anarchistes libyens lorsqu&#8217;ils s&#8217;opposent à l&#8217;intervention internationale, craignant la main-mise future de l&#8217;0ccident sur les intérêts libyens, savent que Kadhafi est un problème qu&#8217;il faut de toute urgence régler. Ils étaient pourtant supposés vivre en démocratie directe ! Leur point de vue est que c&#8217;est au peuple libyen de régler seul ce problème, car ils sont conscients du risque que fait encourir l&#8217;ingérence de l&#8217;0TAN aux prétentions des libyens à l&#8217;autonomie. Certes, mais sans cette intervention nous savons bien que la révolution aurait été écrasée, et ce pour de longues années. En cela le CNT, quoique l&#8217;on puisse lui reprocher par ailleurs, a eu raison de demander l&#8217;aide de l&#8217;étranger, même si cette aide risque d&#8217;être chère payée. Il importe cependant de tout faire pour que la décision quant aux orientations futures du pays revienne aux libyens, non à l&#8217;0TAN, aux Frères musulmans ou aux anciens de l&#8217;administration Kadhafi. Et la tâche sera rude !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;on entend encore que les révolutions arabes seraient montées de toute pièce et déclenchées par les services secrets américains. Ce n&#8217;est bien sur un secret pour personne que les États-Unis, comme d&#8217;autres nations impérialistes, influencent dans la mesure de ce qui leur est possible (et leurs possibilités sont certes grandes mais non infinies) les destins des peuples dans le sens de leurs intérêts, arment les révolutions quand elles les servent et les minent lorsqu&#8217;elles les desservent. Cependant, prêter aux États-Unis la capacité de monter de toute pièce le mouvement de contestation qui se déroule cette année dans tout le monde arabe serait au mieux surestimer leurs capacités, au pire montrer un mépris total pour le peuple arabe, ses aspirations et sa capacité à s&#8217;autodéterminer. Soyons lucides : il est plus que probable que les services secrets américains aient soufflé dans le sens du vent par opportunisme. Mais la révolution tunisienne a surpris tout le monde, jusqu&#8217;à nos dirigeants qui n&#8217;ont pas senti le vent tourner. Ainsi, Nicolas Sarkozy a soutenu jusqu&#8217;au bout le régime du tyran Ben Ali, à qui Michèle Alliot-Marie a été jusqu&#8217;à proposer le concours de notre police pour mieux réprimer les manifestations ! La France n&#8217;a cessé de livrer des armes au régime du tyran libyen (qui contribue à protéger l&#8217;Europe des hordes de dangereux migrants africains) que trois semaines avant le déclenchement des événements. Certes, les Américains ont pour le coup été plus lucides que nous et ont réagi plus vite, certainement leurs espions les avaient-ils informés de la montée du mécontentement, mais faire de ces espions les maîtres d’œuvre des révolutions arabes serait faire fi de la colère de peuples depuis trop longtemps bafoués. Les Tunisiens comme les Égyptiens, les Libyens ou les syriens n&#8217;avaient pas besoin de cela. Les américains ont certes contribué à ces révolutions. Nous saurons peut-être un jour précisément de quelle manière, les langues se délient avec le temps. L&#8217;avenir nous dira s&#8217;il le souhaite si leurs intérêts allaient dans le sens de l&#8217;éviction ou du maintien, qu&#8217;ils ont vite su impossible au regard de la détermination des populations du Maghreb, de ces tyrans qui se sont révélés pour certains de fidèles alliés du capitalisme occidental (cela est vrai pour Ben Ali, et le paraît certes beaucoup moins pour Kadhafi). Ce qui est sur, c&#8217;est que la principale cause de ces révolutions n&#8217;est autre que la tyrannie à laquelle les peuples qui les ont mené – et les mènent encore – ont été soumis durant des décennies.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;on nous dit encore que les rebelles sont des islamistes ou des criminels violents. 0r on l&#8217;a vu : le mouvement est pluriel. Il s&#8217;agit dès-lors de ne pas surestimer les groupes terroristes qui sont finalement minoritaires au sein d&#8217;un mouvement avant tout populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;0TAN est accusé d&#8217;armer des islamistes et de collaborer avec des factions d&#8217;Al Qaeda. C&#8217;est partiellement vrai. Dans la mesure ou des armes et du matériel militaire, ainsi que des données de renseignement, ont été fournis, notamment par la France, aux rebelles, et où un certain nombre de ces rebelles sont issus d&#8217;Al Quaeda au Maghreb Islamique, il est presque certain que certaines de ces armes se sont trouvées entre les mains d&#8217;intégristes. Il y a un risque certain de voir ces pièces armer des filières terroristes. C&#8217;est toutefois, jusqu&#8217;à preuve du contraire, au seul CNT que les armes ont été livrées, et le CNT n&#8217;est pas un groupement islamiste bien que certains de ses membres parfois haut placés soient connus pour avoir intégré de telles organisations. Le CNT est un mouvement composite voulant unifier la révolution : l&#8217;on y trouve tant des libéraux que des socialistes ou des nationalistes, tant des laïcistes que des islamistes, et certes il compte des terroristes dans ses rangs, qui côtoient des militaires ayant fait défection et des volontaires, hommes et femmes de tous horizons géographiques et politiques n&#8217;ayant pour la plupart jamais participé de près ou de loin à une entreprise terroriste. Quant à l&#8217;autre accusation faite à l&#8217;0TAN, de travailler avec des groupes islamistes, c&#8217;est en effet possible bien qu&#8217;à ce jour aucune preuve n&#8217;en ait été apportée. Ces affirmations sont essentiellement relayées par des auteurs tels Thierry Meyssan bien connus pour leurs élucubrations et le manque de fiabilité de leurs sources (lorsqu&#8217;elles sont communiquées, ce qui est rare). S&#8217;il est tout à fait crédible que l&#8217;0TAN « collabore » indirectement avec des terroristes, puisqu&#8217;il y en a parmi les rangs des rebelles, il est pour l&#8217;heure impossible de déterminer si cette collaboration s&#8217;étend à des groupes terroristes organisés (ce qui est régulièrement affirmé mais actuellement non-prouvé) ou seulement à des individus, islamistes non nécessairement connus comme tels, ayant intégré des groupes révolutionnaires tels le CNT. 0fficiellement, l&#8217;0TAN n&#8217;a d&#8217;interlocuteur que le CNT. Si, donc, il a collaboré avec d&#8217;autres groupes, il faudrait des faits pour étayer cette affirmation.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Enfin, le mandat de l&#8217;0NU aurait été dépassé, en violation donc du droit international. Qu&#8217;en penser ? Il semble que ce soit finalement la seule objection fondée à la poursuite des opérations militaires en Libye. Le mandat concernait exclusivement la protection des civils, et autorisait en outre des frappes aériennes destinées à maintenir la zone d&#8217;exclusion. 0r de très probables attaques par hélicoptère ont été rapportées et violemment critiquées. Cela demeure toutefois des attaques aériennes, quoique l&#8217;ambiguïté soit soulevée puisqu&#8217;il ne s&#8217;agit plus de frappes menées par avions pour paralyser l&#8217;artillerie, l&#8217;aviation et la logistique militaire lybienne mais de tirs en combat direct. Il semblerait en outre que des troupes occidentales opèrent au sol parmi les insurgés, ce qui n&#8217;est cependant pas confirmé et demeure sujet à caution. Un certain nombre d&#8217;éléments vont pourtant dans le sens de cette affirmation. Eric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, considère que les insurgés étaient incapables de remporter la victoire à eux seuls, même appuyés par les frappes aériennes de l&#8217;0TAN. Un porte-parole du CNT a d&#8217;ailleurs reconnu que l&#8217;0TAN était « <em>aussi impliquée</em> » dans la prise de Tripoli par les rebelles. L&#8217;Alliance dément mais reconnaît avoir envoyé sur le terrain des conseillers militaires qui ont instruit, encadré et entraîné les insurgés. Des agents infiltrés seraient également présents en Libye. Cela est démenti par l&#8217;0TAN, mais les médias anglais ont dès la fin-Février fait état d&#8217;interventions de troupes des unités des forces spéciales SAS (Special Air Service) pour exfiltrer des employés de compagnies pétrolières situées dans le Sud. Les spéculations allaient alors bon train sur leur rôle exact. Le <em>Guardian</em> révèle en outre le 23 Août que d&#8217;anciens membres du SAS, « <em>maintenant employés par des sociétés privées</em> », agiraie<span style="color: #000000;">nt en Libye pour le compte de l&#8217;0TAN. </span><span style="color: #000000;">« </span><span style="color: #000000;"><em>Je peux vous dire, selon mes sources, qu&#8217;il y avait en Libye des agents infiltrés français, britanniques, américains, égyptiens, émiratis et peut-être même italiens</em></span><span style="color: #000000;"> », assure Eric Dénécé. « </span><span style="color: #000000;"><em>Parmi eux, il y avait des personnes des services secrets (français, britanniques et américains), des forces spéciales (anglais et américains), des sociétés privées, et des volontaires étrangers</em></span><span style="color: #000000;"> ». Le </span><span style="color: #000000;"><em>Guardian</em></span><span style="color: #000000;">, sans le confirmer, pense savoir que la France, le Qatar et la Jordanie ont en effet envoyé des agents infiltrés. Le </span><span style="color: #000000;"><em>New-York Times</em></span><span style="color: #000000;"> affirme de son côté que la France y a largement participé. Pour la plupart des experts, c&#8217;est un classique de l&#8217;action militaire. « </span><span style="color: #000000;"><em>Pour la bataille de Tripoli et le reste, les éléments infiltrés ont fait une bonne partie du travail. Pour la destination des cibles, pour l&#8217;accompagnement des unités rebelles et même pour des actions directes au front. Ces hommes ont parfois été envoyés par la Tunisie, sont allés à Zawyiah et ont encadré les hommes dans le Djebel Nefoussa pour les aider à reprendre Tripoli </em></span><span style="color: #000000;">», explique Eric Dénécé. Le Canard enchaîné précise que les « </span><span style="color: #000000;"><em>avions et drônes US ont bénéficié, lors des leurs raids, d&#8217;une aide militaire américaine chargée de leur désigner des cibles depuis le sol libyen</em></span><span style="color: #000000;"> », information confirmée par le Guardian concernant les agents britanniques. Le quotidien assure également avoir des informations indiquant que les forces spéciales du SAS ont conseillé les rebelles de Misrata pour sécuriser leur port. « </span><span style="color: #000000;"><em>Politiquement, on va répéter et répéter qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu d&#8217;intervention au sol</em></span><span style="color: #000000;"> », estime l&#8217;ancien conseiller à la Défense de Lionel Jospin, Louis Gautier, « </span><span style="color: #000000;"><em>mais d&#8217;un point de vue de la planification tactique, voir même des appuis techniques aux insurgés, c&#8217;est incontestable qu&#8217;il y en a eu. Forcément de manière discrète</em></span><span style="color: #000000;"> ».</span><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;"> Rien ne semble en revanche indiquer que des troupes d&#8217;infanterie de l&#8217;0TAN aient participé de manière directe aux combats au sol. L&#8217;on ne se dirige donc pas, pour l&#8217;instant, vers une occupation militaire occidentale de la Libye. Mais les services de renseigne</span>ment occidentaux sont bien implantés et les rebelles du CNT paraissent leur faire plutôt bon accueil ce qui pourrait ouvrir la voie à une certaine ingérence.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De toute façon, il est clair que l&#8217;0TAN a cherché à évincer Kadhafi, ce qui n&#8217;entrait pas dans son mandat, comme lorsque fut menée la guerre en Irak sous le prétexte de stopper la fabrication d&#8217;armes de destruction massive (dont on n&#8217;a jamais trouvé aucune trace) et éventuellement d&#8217;arrêter quelques terroristes, guerre qui fut finalement menée jusqu&#8217;à l&#8217;arrestation et l&#8217;exécution de Sadam Hussein rediffusée sur toutes les chaînes du monde, et suivie d&#8217;une longue et pesante occupation américaine. Alors, oui, le droit international a été violé. Mais qu&#8217;en est-il de l&#8217;éthique, et par delà le droit positif déterminé par notre Histoire et nos cultures, du droit universel qui doit garantir à tout homme la possibilité de vivre en autonomie ? Considérant que la Libye n&#8217;était pas une démocratie souveraine mais que sa population vivait sous la tyrannie d&#8217;un despote et a demandé un soutien lorsque ce dernier menaçait d&#8217;écraser la rébellion (les groupes rebelles ont majoritairement demandé l&#8217;appui de la communauté internationale), si nous reconnaissons les rebelles comme représentants légitimes de la population libyenne, plutôt que Kadhafi, cette conclusion d&#8217;une violation du droit se maintient-elle ? Les Irakiens ne nous avaient rien demandé. Ici, ceux que nous reconnaissons comme la seule autorité légitime en Libye – le peuple libyen – nous ont appelé à l&#8217;aide. D&#8217;un point de vue éthique, pouvions-nous refuser ? Certes l&#8217;0TAN a dépassé son mandat en cherchant à se débarrasser de Kadhafi, et la principale raison est qu&#8217;il avait intérêt à le faire. Allons-nous nous en plaindre ? Certainement pas, car personne ne regrettera ce vieux Mouammar. L&#8217;avenir nous dira si les Libyens apprécieront. Il y a fort à parier que cette appréciation sera directement conditionnée par le degré d&#8217;ingérence ultérieure de l&#8217;0ccident dans les affaires libyennes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Un dernier argument se fait entendre, relayé par de nombreux sites, blogs et sur les réseaux sociaux, argument tenu par des personnes qui se congratulent mutuellement de « <em>relayer l&#8217;information que ne diffusent pas les médias mainstream</em> ». Il s&#8217;agit des massacres prétendument commis par les forces de l&#8217;0TAN, essentiellement par des bombardements de cibles civiles. Disons-le tout net : il s&#8217;agit d&#8217;une duperie sans fondement : les seules sources de telles « informations » sont la télévision officielle libyenne et quelques « journalistes » autoproclamés qui n&#8217;apportent aucune preuve pour étayer leurs propos. Ainsi du bombardement d&#8217;un hôpital qui aurait fait cinquante morts parmi des enfants, relayé par toute la communauté sur Internet et dont la première source est le journal télévisé libyen, organe de propagande s&#8217;il en est, lequel montrait les images d&#8217;un bâtiment en ruine (sans qu&#8217;on puisse dire de quel bâtiment il s&#8217;agissait ni qui l&#8217;avait détruit) et d&#8217;un unique enfant légèrement blessé, on ne sait comment ni pourquoi ni par qui. L&#8217;on entend tous les jours que l&#8217;0TAN a tué ici cinquante familles, là 5000 civils, puis encore 500 enfants&#8230; sans jamais aucune preuve pour étayer de tels propos et alors que les sources de la rumeur sont presque toujours des proches du régime de Kadhafi. Reste que certains objectifs apparemment civils semblent bien avoir été bombardés, sans qu&#8217;il y ait de victime avérée (ce qui n&#8217;exclut pas qu&#8217;il y en ait eu, ce que devra déterminer une enquête si des éléments de preuve sont avancés). Reste à savoir ce qu&#8217;étaient véritablement ces cibles : nous n&#8217;en savons rien. Pour autant que l&#8217;on sache et connaissant la propension de Kadhafi au camouflage et au mensonge éhonté (ce en quoi il ne dépareille pas la classe politique internationale), ces cibles pourraient aussi bien être des bâtiments stratégiques camouflés. A l&#8217;heure qu&#8217;il est, rien n&#8217;autorise d&#8217;affirmer que l&#8217;0TAN « massacre la population civile » libyenne, ni qu&#8217;il « arme des groupes terroristes ». Toutefois, la vigilance doit être de mise quant à d&#8217;éventuelles implications de nos armées dans des bombardements de cibles civiles et à l&#8217;implication de terroristes islamistes dans le mouvement insurrectionnel, dont on a vu qu&#8217;il était pluriel. Mais que ceux qui affirment que l&#8217;0TAN se rendrait en Libye coupable du massacre d&#8217;une population avancent quelque preuve pour étayer leur propos.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il est certain que nous devons émettre des réserves sur la forme prise par l&#8217;opération, sans pour autant perdre de vue notre devoir moral vis à vis des insurgés. Nous avions le devoir de répondre à l&#8217;appel des insurgés. Nous savons également que l&#8217;0TAN a profité de cette occasion pour se débarrasser de Kadhafi, et l&#8217;on peut s&#8217;attendre à ce que les États membres de l&#8217;Alliance cherchent à s&#8217;approprier tout ce qu&#8217;ils pourront des ressources et de la souveraineté, notamment économique, de la Libye. La vigilance s&#8217;impose donc quant à la suite des événements, sans remettre en question la nécessité de l&#8217;intervention elle-même d&#8217;un point de vue éthique. Il <em>fallait</em> soutenir la révolution ; Kadhafi <em>devait</em> partir ainsi que l&#8217;exigeait le peuple de Libye.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Des critiques sur la forme : le risque d&#8217;une dépossession de la révolution pour les Libyens</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;0TAN a pris la main. Il me semble que dans le cadre d&#8217;une opération du maintien de la paix, ce devrait être aux casques bleus d&#8217;intervenir, ou si l&#8217;on considère qu&#8217;il s&#8217;agit de soutenir un peuple en lutte contre son oppresseur, à la Ligue Arabe avec le soutien logistique de ses alliés occidentaux, mais le commandement des opérations n&#8217;aurait pas du revenir à l&#8217;0TAN, force impérialiste motivée essentiellement par ses intérêts géopolitiques et économiques (faire main-basse sur le pétrole, se débarrasser de Kadhafi, remettre un pied au Maghreb) et qui prétend s&#8217;imposer (et y parvient par la puissance de son armée) comme le gendarme du monde. L&#8217;0TAN est clairement devenu la police de la planète – et c&#8217;était son ambition – imposée par les grandes puissances occidentales comme le bras armé de cet 0NU noyauté par son conseil de sécurité, ce cercle restreint de membres permanents qui sont les vieilles puissances de l&#8217;ancien monde bilatéral, ce qui est fort pratique pour les États de l&#8217;Alliance alors juges et parties dans les conflits au sein desquels ils possèdent des intérêts. L&#8217;0TAN et ses États membres sont des habitués des coups tordus qui ne font pas dans la dentelle et n&#8217;hésitent pas à s&#8217;ingérer parfois très violemment dans la politique d&#8217;autres nations. Mais ils étaient quasiment les seuls à être prêts à aller en Libye, et s&#8217;ils ne l&#8217;avaient fait la rébellion eût été écrasée dans l’œuf. Force est alors de reconnaître que si, sur la forme, des critiques peuvent porter, et si nous ne devons pas nous faire d&#8217;illusions sur ce qu&#8217;attendent les États membres de l&#8217;Alliance du peuple libyen, sur le fond la question est tranchée : il est préférable que l&#8217;Alliance Atlantique, pour laquelle nous n&#8217;avons aucune sympathie, ait soutenu les rebelles. Nous savons cependant qu&#8217;avec elle, c&#8217;est donnant-donnant, et surtout qu&#8217;elle donne le moins possible et exige le plus possible, voire l&#8217;impossible. Nous pouvons nous attendre à une forte ingérence de la part des États membres dans le processus de (re)construction de la Libye d&#8217;après Kadhafi. Cela est absolument inacceptable et devra être dénoncé : nous réaffirmons haut et fort que seul le peuple libyen est souverain en son pays. Toutefois, puisqu&#8217;il a appelé à l&#8217;aide et parce que mise à part la Ligue Arabe seul l&#8217;0TAN y a répondu, quelques soient ses motivations, nous ne pouvons que soutenir le principe de l&#8217;intervention militaire en Libye, tout en demeurant critiques sur les méthodes employées et les intentions réelles des intervenants. Si nous devions intervenir, c&#8217;est au nom de la solidarité, et la solidarité consiste certes en l&#8217;attention aux fragilités de l&#8217;autre, mais aussi au respect de ses compétences, préférences et choix. Cela implique une attitude hospitalière et non paternaliste, qui exclut toute visée impérialiste. Il s&#8217;agit d&#8217;entraide, ni plus ni moins. Nous avons une responsabilité morale envers les peuples opprimés, et cette responsabilité s&#8217;il nous engageait effectivement à soutenir la rébellion et à protéger les civils, ne saurait être l&#8217;alibi de visée néo-colonialistes sans quoi elle serait dénaturée. Et cela, il faudra le rappeler aux États qui prétendront recevoir une contrepartie pour leur engagement ou profiter du pied mis en travers de la porte pour l&#8217;ouvrir en grand aux colons contemporains.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le prix de l&#8217;intervention risque fort d&#8217;être bien cher payé par les libyens. Ceci étant dit, souvenons-nous qu&#8217;auparavant ils n&#8217;avaient rien, puisque celui qui ne possède pas son autonomie ne possède rien de lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Déni et propagandes : la guerre médiatique ou la rébellion entre front impérialiste, fidèles kadhafistes et espoir d&#8217;une difficile autonomie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">S&#8217;appuyant sur quelques faits probables, certains se permettent de raconter n&#8217;importe quoi. L&#8217;on nous montre quelques ruines et l&#8217;on affirme sans le justifier que l&#8217;0TAN a bombardé ce bâtiment, qui était un hôpital et dans lequel se trouvaient cent, que dis-je mille bébés cancéreux ! Les sites conspirationnistes donnent dans la surenchère victimaire. La plupart du temps, l&#8217;on se contente de relayer la propagande officielle libyenne en se félicitant de ne pas relayer celle des télévisions institutionnelles de son propre pays. Pourtant, faut-il le rappeler : si ce n&#8217;est pas parce que ça passe sur TF1 que c&#8217;est vrai, ce n&#8217;est pas plus vrai parce que cela n&#8217;y passe pas ? Récuser les médias <em>mainstream</em> a-t-il encore un intérêt si c&#8217;est pour s&#8217;aliéner à la propagande d&#8217;autres gourous ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De leur côté et comme à leur habitude, les médias institutionnels occidentaux ne font pas mieux, reprenant sans les vérifier les annonces du CNT et les documents transmis par l&#8217;0TAN. Il y a quelques jours, ils retransmettaient la « vraie fausse » (ou pas) chute de Tripoli, ce qui pourrait être en fait des images tournées par les rebelles dans un studio au Qatar comme l&#8217;aurait finalement avoué Moustapha Abdeljalil, du CNT&#8230; par téléphone, en mauvaise qualité sur la télévision officielle libyenne ! Difficile d&#8217;être certain de la véracité de ces aveux ! Une analyse comparative d&#8217;images prises à Tripoli de la place Bab Alaziziya et de celles diffusées par Al-Jazeera et reprises par les médias occidentaux ne permet pas de lever le doute : l&#8217;on y observe des différences significatives, qui pourraient toutefois être liées au décalage temporel entre les prises de vue (l&#8217;on ne sait de quand datent la plupart des photographies de Bab Alaziziya que l&#8217;on trouve sur les sites dénonçant la « supercherie »), alors que d&#8217;autres détails comme les traces de dégradation d&#8217;un mur sont rigoureusement similaires. Un détail troublant toutefois : des images de la BBC et d&#8217;Al-Jazeera prises pour les premières en Mars 2011, pour les secondes en Août 2011 et montrant le même avion&#8230; d&#8217;abord avec un drapeau américain peint sur son flanc, ensuite sans le drapeau. Celui-ci aurait pu être effacé entre-temps, mais le doute plane. Qu&#8217;importe, puisque Tripoli est finalement tombée, ce jour là ou les suivants, néanmoins la crédibilité des médias, institutionnels comme conspirationnistes ou « alternatifs », s&#8217;en trouve une nouvelle fois ébranlée. Aujourd&#8217;hui, ce sont des milliers de « libyens » que l&#8217;on voit dans les rues de « Tripoli » soutenir la révolution en agitant des drapeaux&#8230; indiens ! Images retransmises par la BBC et auxquelles il est pour le coup réellement difficile d&#8217;accorder foi. Comme souvent (l&#8217;on se souvient, exemple parmi tant d&#8217;autres, du fameux reportage de France 2 sur le prétendu suicide collectif de 147 collégiens japonais qui auraient avalés des poches de silicone&#8230; parce que la sortie de leur jeu vidéo était annoncée avec du retard ! « Reportage » qui reprenait sans vérification un canular posté sur le web.), ces médias diffusent les images, qu&#8217;ils reçoivent sans en vérifier l&#8217;authenticité et relaient ce qu&#8217;ils entendent sans s&#8217;assurer de la validité des propos tenus, se faisant les porte-parole de l&#8217;opération militaire occidentale.</p>
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<div id="attachment_108" class="wp-caption aligncenter" style="width: 642px"><a rel="attachment wp-att-108" href="http://revegeneral.org/info/?attachment_id=108"><img class="size-full wp-image-108" title="Intox-Qatari-fausse-Bab-Al-Alzya" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/08/Intox-Qatari-fausse-Bab-Al-Alzya.jpg" alt="la prise de Tripoli... info ou intox ?" width="632" height="677" /></a><p class="wp-caption-text">La prise de Tripoli... info ou intox ?</p></div>
<p style="text-align: center;">(comparaison d&#8217;images d&#8217;Al Jazeera et d&#8217;une photo de Bab Alaziziya)</p>
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<div id="attachment_109" class="wp-caption aligncenter" style="width: 730px"><a rel="attachment wp-att-109" href="http://revegeneral.org/info/?attachment_id=109"><img class="size-full wp-image-109" title="Mensonge-Qatar-Bab-Azizya" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/08/Mensonge-Qatar-Bab-Azizya.jpg" alt="info ou intox ?" width="720" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">un détail troublant...</p></div>
<p style="text-align: center;">(comparaison des images de la BBC et d&#8217;Al Jazeera à 6 mois d’intervalle)</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_111" class="wp-caption aligncenter" style="width: 682px"><a rel="attachment wp-att-111" href="http://revegeneral.org/info/?attachment_id=111"><img class="size-full wp-image-111 " title="info ou intox ?" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/08/Mensonges2-Qatar-Libye.jpg" alt="info-intox" width="672" height="506" /></a><p class="wp-caption-text">Soit ces photos n&#39;ont pas été prises au même moment, soit elles n&#39;ont pas été prises au même endroit.</p></div>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://revegeneral.org/info/?p=105"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Vidéo de la fausse manifestation à « Tripoli »</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les guerres contemporaines sont largement des guerres médiatiques. C&#8217;est propagande contre propagande, comme on a pu encore le constater lors de la séquestration de journalistes à l&#8217;hôtel Rixos de Tripoli&#8230;. par les soldats loyalistes selon les journalistes des médias institutionnels, et par les rebelles selon Thierry Meyssan et Mahdi Nazemroaya (qui étaient également sur place). Meyssan affirme que les soldats protégeaient les journalistes des rebelles et que certains des journalistes américains seraient en fait des espions de la CIA. Ces deux versions très dissemblables illustrent bien ce qu&#8217;écrivait il y a quelques jours le <em>New-York Times</em> à propos de la propagande bilatérale à laquelle se livrent rebelles et loyalistes<em> </em>: « <em>les rebelles affirmaient avoir saisi plusieurs villes mais les perdaient quelques heures ou jours plus tard ; de leur côté</em>,<em> les forces loyales au colonel Kadhafi assuraient mardi contrôler Tripoli ».</em><em> Pour le quotidien, les mensonges de Kadhafi s&#8217;expliquent par la nature autoritaire du régime : </em><em>« En Libye, comme c&#8217;est généralement le cas pour les gouvernements autoritaires, les dirigeants sont habitués à dicter la manière dont les gens doivent penser</em><em> […] </em><em>peu importe que le mensonge paraisse extravagant ou manifestement bizarre (comme ce fut souvent le cas en Libye), il est souvent perçu comme la juste réalité par un public engourdi par l&#8217;isolation et l&#8217;oppression.</em><em> […] </em><em>Ce n&#8217;est donc pas surprenant que les rebelles qui combattent aujourd&#8217;hui le colonel Kadhafi agissent parfois comme lui, étant donné qu&#8217;il est le seul dirigeant qu&#8217;ils ont connu jusqu&#8217;à présent »</em><em>, et ce d&#8217;autant plus que les chefs du CNT sont pour certains issus de l&#8217;administration Kadhafi. Ce Kadhafi qui a accusé les rebelles de n&#8217;être constitués que de voyous adeptes de la violence et des drogues&#8230; quand le CNT dénonçait, lui aussi sans preuve, des « </em><em>viols de masse de la part des troupes loyalistes utilisant des comprimés de Viagra </em><em>».</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Face à cela, il s&#8217;agit de conserver un esprit critique en toute circonstance, de ne pas céder aux sirènes du manichéisme et de sa vision du monde binaire, de ne pas prendre pour argent comptant ce que l&#8217;on nous dit d&#8217;un côté comme de l&#8217;autre. Il nous faut encore porter haut et fort l&#8217;exigence de transparence, enjeu majeur de la guerre qui oppose les peuples à leurs dirigeants, qu&#8217;ils soient politiques ou économiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Demain..?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;on ne peut qu&#8217;éprouver de la solidarité, mais aussi de l&#8217;inquiétude pour un peuple libyen écartelé entre Kadhafi, ses anciens bras droits aujourd&#8217;hui passés à la tête du CNT, les islamistes, et un 0TAN aux appétits démesurés. Les peuples occidentaux ont la responsabilité morale de peser de toutes leurs forces sur leurs dirigeants, non pour exiger l&#8217;arrêt du soutien aux insurgés libyens, mais pour veiller à ce que la souveraineté une fois Kadhafi éliminé (une bonne chose de faite !) soit bien restituée au peuple libyen qui en a été trop longtemps dépossédé et non à des ministres corrompus, à des intégristes réactionnaires ou, et cela serait pour nous autres occidentaux hautement inacceptable, à une tutelle américano-européenne. Les Libyens ont longtemps été privés de toute autonomie par le régime. Ils risquent malheureusement de ne pas gagner grand chose dans un avenir proche. Mais une chose demeure certaine : ils avaient encore moins à perdre. Et qui sait..?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et pendant ce temps là, en Syrie ou dans ces ailleurs que l&#8217;on ne nous montre pas, l&#8217;on massacre en silence et nous n&#8217;y allons pas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Un adolescent soupçonné d&#8217;être en relation avec les Anonymous arrêté en France : les ennemis de mes ennemis sont mes amis !</title>
		<link>http://revegeneral.org/info/?p=59</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Feb 2011 00:54:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lhg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité de la guerre d'émancipation]]></category>

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		<description><![CDATA[Un adolescent français soupçonné d&#8217;avoir participé à des attaques contre des sites web aux USA en soutien  au site d&#8217;information WikiLeaks a été gardé à vue quelques heures durant il y a six semaines. Wikileaks s&#8217;est fait une spécialité de divulguer les secrets militaires ou industriels au grand public. Le site est poursuivi aux États-Unis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un adolescent français soupçonné d&#8217;avoir participé à des attaques contre des sites web aux USA en soutien  au site d&#8217;information <a title="WikiLeaks" href="http://wikileaks.ch/" target="_blank">WikiLeaks</a> a été gardé à vue quelques heures durant il y a six semaines.</p>
<p>Wikileaks s&#8217;est fait une spécialité de divulguer les secrets militaires ou industriels au grand public. Le site est poursuivi aux États-Unis où il divise l&#8217;opinion publique. Mastercard, Visa et Paypal ont pour cette raison décidé de priver Wikileaks de leurs services financiers après ses révélations sur les télégrammes diplomatiques, empêchant ainsi le projet de recevoir des dons.</p>
<p>En représailles, le collectif d&#8217;activistes web Anonymous a attaqué les sites de ces compagnies en effectuant de nombreuses requêtes d&#8217;accès simultanées émises par un grand nombre d&#8217;ordinateurs, mettant en panne les sites pris pour cibles. Le 8 décembre 2010, les sites de Visa et Mastercard ont été rendus inaccessibles pendant plusieurs heures. L&#8217;adolescent interpellé le 16 décembre 2010 par la police française est soupçonné d&#8217;avoir participé à ces attaques.</p>
<p>Cinq hackers âgés de 15 à 26 ans, suspectés d&#8217;avoir mené des attaques informatiques dans le cadre du réseau Anonymous, ont également été arrêtés jeudi matin par la police britannique.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_65" class="wp-caption aligncenter" style="width: 260px"><a rel="attachment wp-att-65" href="http://revegeneral.org/info/?attachment_id=65"><img class="size-full wp-image-65 " title="anonymousdemotivator.thumbnail" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/02/anonymousdemotivator.thumbnail.jpg" alt="La connaissance est libre.  Nous sommes Anonymes.  Nous sommes Légion.  Nous ne pardonnons pas.  Nous n’oublions pas." width="250" height="313" /></a><p class="wp-caption-text">La connaissance est libre.  Nous sommes Anonymes.  Nous sommes Légion.  Nous ne pardonnons pas.  Nous n’oublions pas.</p></div>
<p>Le collectif de cyberactivistes Anonymous est un regroupement informel d&#8217;anonymes et de communautés sur internet qui défend le droit à la liberté d&#8217;expression sur internet et en dehors. Leur devise est « We do not forgive, we do not forget » (Nous ne pardonnons pas, nous n&#8217;oublions pas).</p>
<p>Les actions informatiques et physiques attribuées à Anonymous sont entreprises par des individus non-identifiés. Lors des manifestations physiques du collectif, les membres sont généralement masqués.</p>
<p>Anonymous se veut un collectif sans nom ouvert à chacun et à tous et promouvant la liberté d&#8217;expression et d&#8217;information, la liberté de communication. Le terme est souvent défini par aphorismes :</p>
<blockquote><p>« Anonymous est la première superconscience construite à l&#8217;aide de l&#8217;Internet. Anonymous est un groupe semblable à une volée d&#8217;oiseaux. Comment savez-vous que c&#8217;est un groupe ? Parce qu&#8217;ils voyagent dans la même direction. À tout moment, des oiseaux peuvent rejoindre ou quitter le groupe, ou aller dans une direction totalement contraire à ce dernier. » — Chris Landers, Baltimore City Paper, 2 avril 2008</p></blockquote>
<p>Le nom Anonymous est inspiré par l&#8217;anonymat permis aux utilisateurs postant des images et des commentaires sur Internet. L&#8217;utilisation du terme Anonymous, dans le sens d&#8217;identité partagée, a commencé sur les imageboards comme <a href="http://www.4chan.org" target="_blank">4chan</a>, où la mention « Anonymous » est attribuée aux visiteurs qui publient des commentaires sans identification. Certains utilisateurs de ces imageboards ont considéré, par plaisanterie, qu’Anonymous était une personne réelle. Avec la popularité grandissante des imageboards, l&#8217;idée qu&#8217;Anonymous soit un collectif d&#8217;individus non-nommé est devenue un mème internet, une représentation collective d&#8217;un phénomène présent sur le web.</p>
<p>De cette représentation est née une entité réelle. Le collectif Anonymous regroupant des activistes se retrouvant dans les principes véhiculés par le mème a émergé.</p>
<p>La notoriété du nom a réellement débuté en 2008 avec le Projet Chanology.</p>
<p>En 2008, une vidéo à usage interne de l&#8217;Église de Scientologie s&#8217;est retrouvée sur le net. Cette vidéo montrait Tom Cruise exprimant fanatiquement sa conviction, sa « foi » dans les méthodes de l’organisation, notamment le recrutement de nouveaux membres et l’élimination des opposants. Rapidement, les scientologues ont tenté de faire retirer la vidéo, plus que compromettante, multipliant les attaques judiciaires.</p>
<p>Internautes militant pour le droit à l&#8217;information et anti-scientologues se rencontrent et se regroupent sur les forums. Rapidement, un mouvement émerge : les Anonymous. Ce nom fait référence d&#8217;une part aux contributions signées &laquo;&nbsp;anonyme&nbsp;&raquo; sur les forums ; d&#8217;autre part il exprime l&#8217;engagement individuel et la signification personnelle des revendications pour la liberté d&#8217;expression et d&#8217;information, ainsi que l&#8217;appartenance à une population fédérée par un but commun.</p>
<p>Les premières actions menées par les Anonymous tiennent de la cyberguerilla : google bombing, attaques par déni de service (des hackers attaquent les sites de l&#8217;Église en lançant de multiples requêtes de service émises par de nombreux ordinateurs en même temps, rendant les sites ciblés inaccessibles)&#8230;</p>
<p>Mais le collectif déclare finalement publiquement la guerre à l&#8217;Église de Scientologie en lançant le <em>Projet Chanology</em> visant à la détruire. Cette déclaration de guerre est exprimée dans la vidéo Message to Scientology.</p>
<p><a href="http://revegeneral.org/info/?p=59"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>La vidéo se conclut par un appel à descendre dans la rue le 10 Février. Cette vidéo est visionnée des millions de fois.</p>
<h3>Le projet Chanology</h3>
<p>Des documents internes (manuels de scientologues, réponses types,  définitions du jargon etc.) de l’Église sont diffusés sur le web  (notamment via les <em>Peer-to-peers</em>, les <em>torrents</em>), les  livres sont mis en téléchargement gratuit dans l’espoir de ne pas  remplir les caisses des scientologues, les lignes téléphoniques saturées  et les fax rendus hors service (en faxant en boucle des pages noires),  tandis que la promotion de ces actions est faite sur des sites comme <a href="http://digg.com/">Digg</a>.</p>
<p>Le 10 février 2008, des milliers de personnes ont manifesté devant les  sièges de l’Église en Australie, aux États-Unis, en Angleterre, au  Canada… Les Anonymous ont démontré leur capacité à fédérer également en  dehors de la toile des opposants à la secte. Cette dernière a d&#8217;ailleurs pris les menaces très au sérieux, enchaînant procès sur procès  contre ces &laquo;&nbsp;<em>Suppressive Person</em>&nbsp;&raquo; (tout opposant au mouvement) et  proposant des primes à ceux qui parviennent à les identifier.<br />
Depuis, les actions des Anonymous sont moins spectaculaires et plus  légales. Des manifestations sont organisées spontanément partout où  l’Église de Scientologie tente de s’implanter (Belgique, Québec…).</p>
<h3>L&#8217;0peration Payback</h3>
<p><a title="Operation Payback" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Operation_Payback" target="_blank">Operation Payback</a> est un groupe qui coordonne des attaques contre les adversaires du  piratage sur Internet. Il se positionne en tant que défenseur d&#8217;un  « internet libre et ouvert à tous ». Lorsque les adversaires du piratage ont commencé à lancer des dénis de service distribué (DDoS) sur les sites de torrent,  les pirates ont décidé à leur tour de lancer des attaques DDoS sur les  adversaires du piratage. Payback est affiliée au groupe « Anonymous » qui s&#8217;est établi sur 4chan.</p>
<p>Cette opération, qui s&#8217;est cristallisée à propos de l&#8217;affaire The Pirate Bay s&#8217;est ensuite surtout traduite par le soutien à <a title="WikiLeaks" href="http://wikileaks.ch/" target="_blank">WikiLeaks</a>.</p>
<p>Cette opération marque le passage à une forme d&#8217;action plus délictueuse : l&#8217;attaque par déni de service. Les <em>Anonymous</em> lancent également des attaques par déni de service (DDOS) contre des sites de sociétés ciblées comme ennemis des valeurs  défendues par le mouvement. Ainsi, la communauté cible des attaques  contre des sites de protection, d&#8217;ayant droits, ainsi que de certaines dictatures. Ils utilisent pour cela un logiciel nommé <a title="LOIC" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/LOIC" target="_blank">LOIC</a> qui permet aux volontaires de prêter leur ordinateur pour procéder aux attaques.</p>
<p>A partir de décembre 2010, des attaques ont été menées contre le site de Mastercard après que cette société ait décidé d&#8217;interrompre ses services destinés à <a title="WikiLeaks" href="http://wikileaks.ch/" target="_blank">WikiLeaks</a>.  À la suite de ces attaques, des poursuites en justice ont été  entreprises à l&#8217;endroit de plusieurs membres du mouvement démasqués par  la police. Des arrestations ont eu lieu en Angleterre et en France.</p>
<h3>L&#8217;Opération Leakspin-Crowdleak</h3>
<p>L’opération <em>Leakspin</em>, rebaptisée ultérieurement <em>Crowdleak</em>,  est née de la volonté de faciliter la diffusion des 250 000 câbles  diplomatiques américains, recueillis par Wikileaks et progressivement  mis en ligne depuis le 28 novembre 2010, en partenariat avec des medias. Cette opération vise notamment à faire vivre un espace de débat et d’analyse de ces textes.</p>
<h3>L&#8217;Opération Optunisia</h3>
<p>À la fin de l&#8217;année 2010 et au début de l&#8217;année 2011, le groupe participe à des attaques contre des pays où la censure sur l&#8217;Internet est forte<sup><a title="Wikipédia:Contenu évasif" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Contenu_%C3%A9vasif"></a></sup>. Il crée ainsi les opérations <em>Tunisia</em>, <em>Algeria</em>, <em>Venezuela</em>, puis <em>Egypt. </em><em>Anonymous</em> ciblerait également d&#8217;autres pays tels l&#8217;Arabie saoudite, la Libye, la Syrie, la Jordanie, le Yémen et le Maroc.</p>
<p>L&#8217;opération <em>0ptunisia</em> vise à soutenir les internautes tunisiens lors de la révolution tunisienne de 2011 pendant laquelle le gouvernement de Zine el-Abidine Ben Ali censure internet.</p>
<p>Le 2 janvier 2011,   huit sites gouvernementaux ou proche de la présidence tunisienne ont   été mis hors service par saturation de leurs serveurs. Anonymous a   fourni à ses membres et tous ceux qui le souhaitaient, un logiciel   noyant ces sites de demandes d&#8217;accès, avec instruction de l&#8217;utiliser en   même temps. Une semaine après, le site internet de la télévision   nationale TV7 a été piraté pour qu&#8217;elle n&#8217;affiche que le message, en   arabe « <em>Les journalistes condamnent la répression de la police et exigent la libération de Slim Amamou</em> ».</p>
<p>Par  ailleurs, Anonymous a aidé les internautes tunisiens a se  protéger des  agents de la censure sur internet du gouvernement en  fournissant des  astuces pour garantir l&#8217;anonymat de messages, de partage  de fichiers ou  leur protection. Certains tunisiens n&#8217;ont pas hésité, en  Tunisie même,  à s&#8217;afficher avec le masque symbole d&#8217;Anonymous.</p>
<p>Au début de  leur action, au printemps 2010, les membres tunisiens  d&#8217;anonymous  étaient environ une cinquantaine. Ils seraient à présent  plus de 4000 à  agir au travers de ce groupe.</p>
<p>Selon un des opposants arrêtés par la police tunisienne <a title="Slim Amamou" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Slim_Amamou">Slim Amamou</a>, l&#8217;action de la communauté a été « déterminante » dans l&#8217;extension de la révolte en Tunisie. C&#8217;est également l&#8217;avis de <em>Lucie Morillon</em>, membre de Reporters Sans Frontières.</p>
<div id="attachment_68" class="wp-caption alignright" style="width: 810px"><a rel="attachment wp-att-68" href="http://revegeneral.org/info/?attachment_id=68"><img class="size-full wp-image-68" title="Anonymous_at_Scientology_in_Los_Angeles" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/02/Anonymous_at_Scientology_in_Los_Angeles.jpg" alt="Anonymous_at_Scientology_in_Los_Angeles" width="800" height="437" /></a><p class="wp-caption-text">Des Anonymous devant l&#39;Eglise de scientologie de Los angeles</p></div>
<p>Anonymous n&#8217;est pas un groupe. Anonymous, ce n&#8217;est personne et c&#8217;est potentiellement tout le monde. Anonymous c&#8217;est un peuple sur internet qui déborde internet. Anonymous, c&#8217;est la foule des anonymes coordonnant leurs actions. Les décisions sont prises de la manière la plus autogestionnaire, proprement ré-publicaine possible : au consensus et sans que rien ne soit imposé à personne. Ainsi, quand Anonymous a attaqué en septembre 2010 le site hadopi.fr, cela s&#8217;est fait sur la base d&#8217;une libre discussion entre anonymes sur le channel /b/ de 4chan, devenant un appel anonyme à pirater le site gouvernemental français. Des milliers d&#8217;anonymes ont suivi&#8230; Il n&#8217;a pas fallu longtemps pour que ce site soit down.</p>
<p>Le collectif Anonymous tire son slogan &laquo;&nbsp;<em>Nous sommes Anonymes. Nous sommes  Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n&#8217;oublions pas.&nbsp;&raquo; </em>et le masque qu&#8217;arborent en public ses membres du film de James McTeigue, <em>V pour Vendetta</em> (2005). Dans ce film, un individu parvient à mobiliser tout un peuple contre un ordre totalitaire en lui offrant la plus grande force qui soit : l&#8217;anonymat. C&#8217;est anonymes en tant qu&#8217;individus qu&#8217;en tant que peuple ils peuvent renverser la Totalité et, paradoxalement, exister en tant qu&#8217;individus, agir d&#8217;eux mêmes, libérés du contrôle total.</p>
<p>Les Anonymous se sont spécialisés dans les attaques de sites de compagnies ou d&#8217;États s&#8217;opposant fortement à la liberté d&#8217;expression et/ou à la liberté d&#8217;information.<br />
Le collectif s&#8217;est notamment illustré par son soutien à la révolution tunisienne, mettant hors d&#8217;état de nuire plusieurs sites gouvernementaux et la bourse tunisienne.</p>
<p>En s&#8217;en prenant aux membres de ce réseau, l&#8217;État français nous donne à comprendre pourquoi il a soutenu jusqu&#8217;au bout la dictature de Ben Ali, et pourquoi il continue  d&#8217;apporter son soutien à des dictatures à travers le monde. La liberté n&#8217;est pas sa priorité, et &laquo;&nbsp;les ennemis de mes ennemis sont mes amis&nbsp;&raquo;. Cela vaut pour nous aussi.</p>
<p><em>La connaissance est libre.</em></p>
<p><em>Nous sommes Anonymes.</em></p>
<p><em>Nous sommes  Légion.</em></p>
<p><em>Nous ne pardonnons pas.</em></p>
<p><em>Nous n&#8217;oublions pas.</em></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_71" class="wp-caption alignright" style="width: 295px"><em><em><img class="size-full wp-image-71" title="anonymous_tunisia_top" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/02/anonymous_tunisia_top.jpg" alt="opération 0ptunisia" width="285" height="190" /></em></em><p class="wp-caption-text">l&#39;opération 0ptunisia</p></div>
<p><em> </em></p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Frevegeneral.org%2Finfo%2F%3Fp%3D59&amp;title=Un%20adolescent%20soup%C3%A7onn%C3%A9%20d%26%238217%3B%C3%AAtre%20en%20relation%20avec%20les%20Anonymous%20arr%C3%AAt%C3%A9%20en%20France%20%3A%20les%20ennemis%20de%20mes%20ennemis%20sont%20mes%20amis%20%21" id="wpa2a_2"><img src="http://revegeneral.org/info/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_256_24.png" width="256" height="24" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>effet domino au proche et moyen 0rient : la chute du mur ? Quelles perspectives pour le peuple arabe ? Les inquiétudes de l&#8217;occident.</title>
		<link>http://revegeneral.org/info/?p=51</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Feb 2011 18:59:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lhg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité de la guerre d'émancipation]]></category>

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		<description><![CDATA[En Tunisie, le conseiller de l&#8217;ombre de Ben Ali tire toujours les ficelles, étant le principal conseiller de l&#8217;actuel premier ministre &#8211; reconduit après la fuite de Ben Ali &#8211; Mohamed Ghannouchi. Hédi Baccouche fut le théoricien du &#171;&#160;coup d&#8217;État médical&#160;&#187; de Ben Ali il y a 23 ans, et demeura durant la totalité de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En Tunisie, le conseiller de l&#8217;ombre de Ben Ali tire toujours les ficelles, étant le principal conseiller de l&#8217;actuel premier ministre &#8211; reconduit après la fuite de Ben Ali &#8211; Mohamed Ghannouchi. Hédi Baccouche fut le théoricien du &laquo;&nbsp;coup d&#8217;État médical&nbsp;&raquo; de Ben Ali il y a 23 ans, et demeura durant la totalité de son règne une des pièces maîtresses de son système.</p>
<p>En réalité, souligne Rue89, &laquo;&nbsp;sa réputation « d&#8217;homme des coups bas » remonte à bien plus loin. En 1979, il avait déjà trempé dans un complot organisé par Abdallah Farhat, alors ministre de la Défense, pour faire main basse sur le parti. Son complice de l&#8217;époque était le directeur de la sûreté tunisienne, un certain Zine el-Abidine Ben Ali…&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le nouveau gouvernement d&#8217;union nationale a été accueilli par des explosions de joie par les manifestants tunisiens, mais le premier ministre demeure contesté.</p>
<p>Pendant ce temps, la contagion se répand. En Egypte, des centaines de milliers de manifestants sont dans les rues, exigeant le départ du président Moubarak au pouvoir depuis 30 ans.</p>
<p>Le pouvoir égyptien ne s&#8217;est pas contenté de filtrer internet. Il l&#8217;a carrément coupé depuis jeudi dernier. L&#8217;Égypte compte environ 11,5 millions d&#8217;internautes, sur une population totale de 80 millions d&#8217;habitants. Le pouvoir prend-il un risque en privant cette minorité de son accès à internet ? L&#8217;un des opérateurs n&#8217;a pas obéi à l&#8217;injonction, de sorte que si le grand public est coupé du réseau, les affaires se poursuivent. La bourse égyptienne a continué à tourner au ralenti.</p>
<p>Pour Benjamin Bayart, président de FDN (French Data Network), un des plus anciens fournisseurs d&#8217;accès français, c&#8217;est une véritable opération de guerre qui a été déclenchée : « Couper les communications dans un pays est une opération de guerre. La première chose qu&#8217;on fait dans une guerre, c&#8217;est bien de faire sauter les routes ou les ponts. »</p>
<p>En Égypte, on bricole comme on peut avec cette censure. Des Égyptiens rebranchent leurs vieux modems sur leurs lignes téléphoniques. Les activistes anonymes de Werebuild proposent une autre solution tirée du passé : les Égyptiens peuvent envoyer des fax sur un numéro allemand qui les édite pour empêcher l&#8217;identification des expéditeurs, puis les met en ligne. Des sites miroirs ont été mis en place pour stocker les vidéos de la révolte. Google et Twitter ont lancé un service de « speak to tweet » (« parler pour tweeter ») : trois numéros de messagerie vocale sont accessibles depuis l&#8217;Égypte et les messages peuvent être écoutés aux mêmes numéros ou sur Twitter.</p>
<p>Et pendant que l&#8217;Égypte coupe sa population d&#8217;internet, la censure chinoise fait la chasse aux lapins e ncolère sur le web :<a href="http://www.rue89.com/chinatown/2011/01/30/la-censure-chinoise-chasse-les-lapins-en-colere-du-web-187272" target="_blank"> http://www.rue89.com/chinatown/2011/01/30/la-censure-chinoise-chasse-les-lapins-en-colere-du-web-187272</a></p>
<p>Les sites web officiels français quant à eux ignorent royalement les manifestations égyptiennes. Une situation qui ne contraste pas avec le mutisme du gouvernement sur les évènements tunisiens du mois dernier. Même le site de l&#8217;ambassade française au Caire est muette sur la situation actuelle égyptienne.</p>
<p>111 personnes interpellées à Paris ce week-end :</p>
<p>A Paris, une manifestation était prévue à 14 heures devant l&#8217;ambassade d&#8217;Égypte, dans le XVIe arrondissement. Le rassemblement n&#8217;a finalement pas eu lieu. Certains Égyptiens vivant en France expliquent ce manque de mobilisation par les arrestations qui ont eu lieu lors des manifestations précédentes. Selon la préfecture de Paris, 111 personnes ont été interpellées pendant le week-end en marge des manifestations déclarées.</p>
<p>Une comparaison avec le site de l&#8217;ambassade des États-Unis montre le déphasage total de la diplomatie française. Les principaux titres sont en effet consacrés au mouvement de protestation.</p>
<p>Pour autant, le président 0bama se montre plus prudent et réservé face à la mise en péril du pouvoir égyptien (un atout fort dans les rapports de force au Moyen-0rient) que face à la révolution tunisienne, dont le temps nous dira si le mouvement de contestation permettra l&#8217;émergence d&#8217;une démocratie réelle voire d&#8217;une semi-démocratie à l&#8217;image des puissances occidentales, où tout ceci ne devra aboutir qu&#8217;à une révolution de palais.</p>
<p>La Tunisie ne pèse certes pas aussi lourd que l&#8217;Égypte dans les négociations impliquant les intérêts américains. De plus, la menace islamiste est plus sérieuse en Égypte qu&#8217;en Tunisie, avec une forte présence des Frères Musulmans qui représentent 4 à 5 millions d&#8217;Égyptiens et remportent toutes les élections relativement libres. Sans la fraude électorale, ils auraient aujourd&#8217;hui plus de cent sièges à l&#8217;Assemblée Nationale. Ils en détiennent 80, sur les 150 candidats présentés. Néanmoins, aucune force particulière ni aucune personnalité n&#8217;émerge de la révolte égyptienne, qui s&#8217;apparente plus à un soulèvement populaire spontané.</p>
<p>La Tunisie est aux yeux de l&#8217;0ccident un petit pays, sans enjeu stratégique majeur, et les événements ont pu suivre leur cours sans grande interférence extérieure. Cela risque de ne pas êrtre le cas partout. Le monde arabe vivra-t-il sa chute du mur de Berlin, ou la situation est-elle radicalement différente de celle de 1989 ?</p>
<p>D&#8217;abord, le monde arabe ne constitue pas un bloc homogène et centralisé comme le constituait l&#8217;Union Soviétique. Certains pays comme la Tunisie n&#8217;offrent que peu d&#8217;intérêts pour les grandes puissances impérialistes occidentales, tandis que d&#8217;autres constituent des intérêts stratégiques majeurs dans la guerre du pétrole ou le rapport à Israël.</p>
<p>C&#8217;est néanmoins bien à la remise en question de tout un monde, précipitée par les évènements de Tunis, que nous assistons. En quelques semaines, toutes les dictatures du Moyen et du Proche 0rient pourraient bien s&#8217;effondrer, avec ou sans le soutien de l&#8217;0ccident. Nous voyons avec le soutien de la France à Ben Ali, son mutisme sur la situation égyptienne et le soutien américain aux révolutions, ferme dans le cas de la Tunisie, beaucoup plus modéré en Égypte , combien l&#8217;0ccident oscille entre deux tentations : celle de suivre le mouvement de contestation qui, de proche en proche, a gagné tout le monde arabe et peut compter sur la sympathie du grand public occidental ; et celle de protéger des tyrans qui ont su contenir l&#8217;ennemi islamiste et jouent parfois un grand rôle dans la guerre du pétrole en cours et la question palestinienne.</p>
<p>La diplomatie américaine a fait cinq déclarations contradictoires en sept jours au sujet des évènements égyptiens.</p>
<p>Mardi 25 janvier, la secrétaire d&#8217;État américaine, Hillary Clinton, semble soutenir Hosni Moubarak, considéré pendant des années comme l&#8217;allié stratégique des États-Unis : « Notre évaluation de la situation, c&#8217;est que le gouvernement égyptien est stable et cherche les moyens de répondre aux besoins et intérêts légitimes du peuple égyptien. »</p>
<p>C&#8217;est à cette lumière qu&#8217;il faut lire les deux phrases musclées prononcées mercredi par Hillary Clinton, la secrétaire d&#8217;Etat américaine. Elle s&#8217;exprimait devant la presse aux côtés du ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh, qu&#8217;elle recevait : « Nous croyons fermement que le gouvernement égyptien a, en ce moment, une occasion importante d&#8217;engager des réformes politiques, économiques et sociales pour répondre aux besoins légitimes et aux intérêts du peuple égyptien. »</p>
<p>Obama parle de la situation en Égypte, appelle à la retenue et ajoute le 27 Janvier : « Le président Moubarak nous a aidés sur toute une série de problèmes au Moyen-Orient, mais je lui ai toujours dit qu&#8217;il était absolument capital, pour le bien de l&#8217;Égypte à long terme, de s&#8217;assurer de bien avancer sur les réformes : réformes politiques, réformes économiques. »</p>
<p>Le lendemain, juste après l&#8217;intervention télévisée d&#8217;Hosni Moubarak, au cours de laquelle il a annoncé un remaniement de son gouvernement, Barack Obama prend la parole. Il avait eu plus tôt Moubarak au téléphone : il évoque la nécessité d&#8217;autoriser les partis d&#8217;opposition et d&#8217;organiser des élections libres : « Hosni Moubarak doit désormais confirmer ses promesses de réformes par des actes concrets. […] Les Etats-Unis continueront à défendre les droits du peuple égyptien et à travailler avec leur gouvernement, à la recherche d&#8217;un avenir plus juste, plus libre et plus lumineux. »</p>
<p>Mardi 1er février, au soir d&#8217;une grande journée de manifestation au Caire, après une discussion d&#8217;une demi-heure avec Moubarak, Obama semble lâcher le président égyptien. Il ne parle plus de « réforme » mais de « transition politique » qui doit se faire immédiatement (Moubarak ayant annoncé ne pas briguer de nouveau mandat à la fin de l&#8217;année 2011, mais qu&#8217;il resterait au pouvoir jusque là). Il déclare depuis la Maison Blanche : « Ce n&#8217;est pas à d&#8217;autres pays de déterminer qui doivent être les dirigeants de l&#8217;Égypte. Seul le peuple égyptien peut le faire.Ce qui est clair et c&#8217;est ce que j&#8217;ai indiqué au président Moubarak, c&#8217;est que j&#8217;ai la conviction que la transition politique doit être profonde, qu&#8217;elle doit être pacifique et qu&#8217;elle doit commencer maintenant ».</p>
<p>La diplomatie américaine a décidément une singulière capacité d&#8217;adaptation !</p>
<p>Le vent tourne, mais nul ne sait encore, si la situation devait se généraliser à des pays comme l&#8217;Arabie Saoudite &#8211; par exemple &#8211; quelle direction suivraient les diplomaties des grandes puissances, occidentales mais pas seulement. A Pekin, le mot &laquo;&nbsp;Égypte&nbsp;&raquo; est censuré depuis samedi. Et ce d&#8217;autant plus que nul ne sait encore où va la révolution en marche&#8230;Et si elle servira les intérêts des puissances extérieures au monde arabe. Les nouveaux pouvoirs qui risquent de se constituer serviront-ils ces intérêts aussi bien que les dictateurs d&#8217;hier ?</p>
<p>La révolution égyptienne préoccupe tout particulièrement le pouvoir américain.</p>
<p>Franck Wisner, ancien d&#8217;Enron marié à l&#8217;ex-belle-mère de Nicolas Sarkozy, est agent secret états-unien. Il nousa déjà fait nous interroger sur les liens existant entre N. Sarkozy et les services secrets américains. L&#8217;on apprend qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui au Caire pour tenter de gérer au mieux le passage à l&#8217;après-Moubarak. L&#8217;appel des crises n&#8217;est jamais loin : Frank Wisner a participé sous l&#8217;administration Bush à un groupe de travail indépendant qui réfléchit, avant l&#8217;invasion de l&#8217;Irak, aux institutions de l&#8217;après-Saddam Hussein, puis, au nom de l&#8217;administration, a participé à la « troïka » qui a défini le statut final du Kosovo, devenu depuis un Etat indépendant mais encore contesté.</p>
<p>Tandis que la guerre au pouvoir gagne l&#8217;Égypte, après la Tunisie, la guerre des pouvoirs continue à sévir de par le monde. A qui profitera la colère  du peuple arabe ?</p>
<p>Pierre Haski écrit sur Rue89 :</p>
<blockquote><p><em>&nbsp;&raquo; La semaine dernière, l&#8217;analyste conservateur Robert Kaplan écrivait dans le New York Times qu&#8217;il ne fallait pas trop se réjouir des événements du monde arabe, car on finirait par regretter des « dirigeants avisés » comme le roi Abdallah de Jordanie, ou « stables » comme le Président Moubarak. Et de rappeler que ce sont des élections démocratiques qui ont amené le Hamas au pouvoir à Gaza.</em></p>
<p><em>Mais les peuples du monde arabe n&#8217;ont pas lu l&#8217;article de Robert Kaplan et n&#8217;en ont cure. Ils ont fait voler en éclat le mur de Berlin dans leurs têtes qui les empêchait jusque-là de contester des régimes autoritaires et largement corrompus, soutenus par les Occidentaux au nom de la lutte contre l&#8217;intégrisme religieux.</em></p>
<p><em>Qu&#8217;en sortira-t-il ? Comme en 1989, l&#8217;histoire s&#8217;est remise en marche dans cette partie du monde, et ceux qui pleurent la chute de dictateurs rassurants devront d&#8217;abord se demander s&#8217;ils n&#8217;ont pas favorisé ces processus révolutionnaires en soutenant un insupportable statu quo trop longtemps. Ils devront en assumer les conséquences, quelles qu&#8217;elles soient.</em> &laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<p>La révolte tunisienne et son premier succès &#8211; la fuite du tyran Ben Ali &#8211; a fait boule de neige dans la plupart des pays du proche et moyen 0rient. En Jordanie, au Yémen&#8230; les manifestations se sont multipliées et plusieurs personnes se sont immolées par le feu. Le roi du Maroc a préféré prendre des &laquo;&nbsp;vacances&nbsp;&raquo; dans le château qu&#8217;il possède en France. Le journaliste marocain Ali Lmrabet, ancien rédacteur en chef de l&#8217;hebdomadaire Le Journal, croit savoir, sur Facebook, que le roi du Maroc devrait avoir des entretiens « secrets » avec Nicolas Sarkozy sur la situation au Maroc. Le journaliste ajoute : « Des troupes ont été ramenées du Sahara pour être prêtes à intervenir dans la capitale et à Casablanca. »</p>
<p>En Egypte, depuis plusieurs jours, des affrontements très violents opposent les forces de l&#8217;ordre et la population égyptienne, déterminée à obtenir le départ du Président Moubarak, en poste depuis trois décennies. En trente ans, c&#8217;est la crise la plus sérieuse que traverse le régime.</p>
<p>Tewfik Aclimandos, chercheur associé à la chaire d&#8217;histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, explique que &laquo;&nbsp;le peuple est en colère depuis longtemps mais c&#8217;était diffus. Aujourd&#8217;hui, un mur psychologique a sauté, c&#8217;est-à-dire que les Egyptiens n&#8217;ont plus peur. Ce que j&#8217;appelle le parti de l&#8217;ordre, les fonctionnaires, les petits commerçants, ont aujourd&#8217;hui pris le parti des manifestants.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ces derniers mois, des personnes jusque là favorables au régime avait commencé à exprimer leur défiance envers le pouvoir. Unras le bol général se faisait sentir, aggravépar la crise. Les évènements tunisiens ont achevé de précipiter les évènements.</p>
<p>Tewfik Aclimandos poursuit :</p>
<blockquote><p><em>«</em><em> Jusqu&#8217;en 2000, personne ne parlait du Président. Puis un éditorialiste l&#8217;a fait et ça s&#8217;est généralisé avant que le régime ne resserre la vis. Le pouvoir fonctionne un peu sur la formule « j&#8217;interdis tout mais je ferme les yeux tout le temps ».</em></p>
<p><em>Il existe une liberté d&#8217;expression en Egypte. Elle est d&#8217;ailleurs plus menacée par la société civile que par le pouvoir. Un livre critique sur l&#8217;islam peut par exemple davantage déclencher la colère du clergé et des oulémas que celle du pouvoir.</em></p>
<p><em>C&#8217;était un peu le deal proposé par Moubarak après l&#8217;assassinat de Sadate : un peu de liberté d&#8217;expression, une liberté de réunion contrôlée mais surtout pas de manifestations de rue. Kefaya (un mouvement d&#8217;opposition né en 2004 et composé de jeunes militants de toutes origines politiques et sociales) a fait sauter ce verrou en 2004.</em> »</p></blockquote>
<p>Le peuple égyptien est aujourd&#8217;hui en train de réaliser son union sacrée face à un pouvoir usé par le temps, la dégradation des conditions de vie et sa propre faiblesse jusque là dissimulée sous une apparente clémence. C&#8217;est aujourd&#8217;hui le peuple dans son ensemble qui rejette Moubarak. celui-ci doit prendre la mesure de son illégitimité.</p>
<p>Un million d&#8217;Egyptiens se sont rassemblés place Tahrir au Caire. Dans les cortèges, ces derniers jours, l&#8217;on pouvait voir les corps élevés en martyres des victimes de la répression policière. La police tire sur la population, avec des balles en plastique, mais aussi à balles réelles, faisant plusieurs dizaines de morts. L&#8217;armée est présente dans les rues. Les tanks bloquent les accès. Mais l&#8217;armée refuse de tirer sur le peuple, et même protège les manifestants. De la police et des pillards. Le premier signe de ce ralliement de l&#8217;armée au peuple a été ce blindé qui s&#8217;est jopint à un cortège enfin de semaine. Depuis, la police a partiellementsuivi, changeant son slogan &laquo;&nbsp;la police et la peuple au service de l&#8217;Etat&nbsp;&raquo; en &laquo;&nbsp;la police au service du peuple&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Moubarak a dissout son gouvernement. Principal changement : le limogeage du ministre de l&#8217;Intérieur, Habib el Adli, une des revendications des manifestants. Il a été remplacé par un général de la police, Mahmoud Wagdi. Autre changement significatif : la promotion du ministre de la Défense, Mohamed Hussein Tantaoui, au poste de vice-Premier ministre, ce qui confirmerait l&#8217;influence de l&#8217;armée. Mais la formation du nouveau gouvernement n&#8217;a pas suffit à calmer la colère populaire. Des dizaines si ce n&#8217;est des centaines de milliers de manifestants ont passé la nuit sur la place Tahrir. Cet après-midi, ils étaient deux millions.</p>
<p>Les révolutions orientales n&#8217;en finissent plus de ternir l&#8217;image de l&#8217;Etat français. Michèle Alliot-Marie avait osé proposer le &laquo;&nbsp;savoir-faire&nbsp;&raquo; français&nbsp;&raquo; en matière de maintien de l&#8217;ordre à la police de Ben Ali au plus fort des émeutes. Peu avant sa funeste intervention devant l&#8217;Assemblée nationale, elle et son compagnon, l&#8217;autre ministre Patrick Ollier, ont voyagé dans un jet appartenant au beau-frère du président Ben Ali et à son associé. En pleine révolution tunisienne, MAM et son compagnon ont accepté comme un service de grimper pour partir en vacances dans le pays en explosion à bord du jet privé d&#8217;Aziz Miled, qui le possède avec… Belhassen Trabelsi, le beau-frère – très haï du peuple tunisien – du président Ben Ali. La ministre, qui a confirmé ces informations au Canard, a fait répondre qu&#8217;Aziz Miled est « un ami de longue date » et qu&#8217;il n&#8217;est « pas, mais alors pas du tout [sic], un proche de Ben Ali ». L&#8217;ennui, c&#8217;est que cet homme d&#8217;affaires a signé en 2010 un appel saluant les nombreuses qualités du dictateur tunisien, et l&#8217;appelant à se représenter. Il était donc, aussi, l&#8217;associé de son beau-frère. Et ce n&#8217;est pas tout, écrit l&#8217;hebdomadaire : « Miled était aussi, à l&#8217;insu de son plein gré sans aucun doute, l&#8217;un des organisateurs et bailleurs de fonds des campagnes électorales de Ben Ali. »</p>
<p>Pour couronner ces révélations fort embarrassantes pour la ministre, Le Canard relève une réponse faite par le Quai d&#8217;Orsay au Parisien, qui l&#8217;interrogeait ce lundi sur une éventuelle invitation de Ben Ali pour ces vacances de fin d&#8217;année : « J&#8217;ai payé mes vacances », affirme-t-elle, indignée que l&#8217;on puisse soupçonner le contraire. La facture de l&#8217;hôtel de Tabarka (propriété du généreux Aziz Miled), MAM ne se souvient plus à quel nom elle a été établie, fait-elle dire au Canard. Alliot ? Marie ? Ollier ? Mais, juré-craché, elle a été réglée. »</p>
<p>L&#8217;on découvre enfin aujourd&#8217;hui que la France a formé la police égyptienne de Moubarak. Une formation à la « gestion des foules et des grands événements » a en effet été dispensée à la mi-octobre par deux policiers français à leurs homologues égyptiens. L&#8217;annonce de cette formation figure d&#8217;ailleurs toujours sur le site web de l&#8217;ambassade française au Caire, plus discret comme on l&#8217;a vu sur les évènements à haute teneur politique qui se déroulent en ce moment dans ce pays.</p>
<p>L&#8217;on peut constater les effets bénéfiques de cette formation à la répression des foules lorsque l&#8217;on constate que les affrontements entre force de sécurité et manifestants ont fait une centaine de morts sur le sol égyptien.</p>
<p>En France, l&#8217;affaire des grenades lacrymogènes de Ben Ali bloquées pour raisons techniques à l&#8217;aéroport continue également de faire du bruit. Michèle Alliot-Marie et François Fillon ont assuré que la France ignorait que la Tunisie était livrée en gaz lacrymogène par une entreprise française entre les mois de décembre et janvier, mais la société chargée de l&#8217;exportation de ce produit a déclaré le contraire et confirmé que le régime de Ben Ali avait bien passé commande au plus fort des émeutes :<br />
« Sofexi a reçu des autorités françaises tous les agréments nécessaires à l&#8217;exportation de grenades lacrymogènes commandées entre décembre et janvier par le ministère tunisien de l&#8217;Intérieur. Nous avions tous les agréments des ministères concernés. »</p>
<p>Rue89, qui a révélé cette affaire, rapporte :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>En pleine tempête depuis sa proposition de coopération policière et sécuritaire à la Tunisie, Michèle Alliot-Marie a nié toute implication, répondant à une question du député socialiste Gaëtan Gorce à l&#8217;Assemblée nationale le 23 janvier :</em></p>
<p><strong>Gaëtan Gorce :</strong> « Mme Alliot-Marie ne s&#8217;est pas contentée de proposer une coopération policière qui devait s&#8217;adresser à un régime dont on a vu qu&#8217;il utilisait des moyens sanglants ; le gouvernement a agi en ce sens. Nous avons appris la semaine dernière qu&#8217;un avion, chargé de sept tonnes de matériel de maintien de l&#8217;ordre, avait été affrété et s&#8217;apprêtait à partir, au moment même du départ de M. Ben Ali, et n&#8217;avait été arrêté que pour une raison de procédure tenant au service des douanes. […]<br />
Ma question ira droit au but, monsieur le Premier ministre : si un avion a été préparé et a failli partir, combien d&#8217;autres ont été éventuellement envoyés ? Pouvez-vous nous garantir qu&#8217;aucun transfert de matériel de maintien de l&#8217;ordre n&#8217;a été assuré au bénéfice du régime de Ben Ali entre la mi-décembre et la mi-janvier ? »</p>
<p><strong>Michèle Alliot-Marie :</strong> « En matière de police, les choses sont très claires. Nous entretenons avec la Tunisie une coopération extrêmement faible, essentiellement institutionnelle, qui se situe dans le cadre d&#8217;Interpol. […] Nous n&#8217;avons rien à cacher en matière de coopération. Et si vous voulez davantage d&#8217;éléments, je les tiens à votre disposition. »</p>
<p><em>Cette information achève de faire tomber la fable élyséenne selon laquelle la France aurait bloqué des grenades lacrymogènes à destination de Tunis. Rue89 racontait la semaine dernière que le motif du blocage, administratif, avait été habilement exploité par le gouvernement pour se dédouaner de la responsabilité de cette livraison.</em></p>
<p><em>Dans un courrier envoyé à François Fillon, Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes, demande au gouvernement de transmettre tous les informations à l&#8217;opposition et d&#8217;indiquer « pour chaque ministère, quand les autorisations d&#8217;exportation ont été données et enfin [de nous dire] si toutes ces exportations ont été bloquées et par qui </em>». &nbsp;&raquo; (source : <a href="http://www.rue89.com/2011/01/27/grenades-lacrymos-de-ben-ali-le-gouvernement-francais-a-menti-187527" target="_blank">Rue89</a>)</p></blockquote>
<p>Rue89 précise :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>François Fillon reconnaît d&#8217;abord que les douanes ont bien délivré deux autorisations d&#8217;exporter du matériel de maintien de l&#8217;ordre, après avis favorable du ministère de l&#8217;Intérieur, et avis sans objection du ministère de la Défense et des Affaires étrangères le 12 janvier, c&#8217;est-à-dire le lendemain même de la proposition de Michèle Alliot-Marie au régime de Ben Ali, d&#8217;apporter le « savoir faire » de la France en matière de maintien de l&#8217;ordre.</em></p>
<p><em>Il faut rappeler qu&#8217;en ce 11 janvier, la presse faisait état de 50 morts depuis la mi-décembre, dont 35 morts le week-end précédent (avec une liste nominative des victimes établie par la FIDH), preuve d&#8217;une terrible escalade dans la répression.</em></p>
<p><em>Or, nous apprend la lettre du Premier ministre, ces autorisations ont été données en 24 heures contre 10 jours pour des autorisations équivalentes demandées au mois d&#8217;octobre.</em></p>
<p><em>Force est de constater qu&#8217;au moment même où la répression battait son plein, les autorisations nécessaires à l&#8217;exportation de matériel de maintien de l&#8217;ordre ont été délivrées de manière particulièrement rapide, ce qui est injustifiable.</em></p>
<p><em>Ensuite, le Premier ministre avoue que ce n&#8217;est que le 18 janvier, soit 4 jours après le blocage de la cargaison et la chute du régime de Ben Ali que le Quai d&#8217;Orsay a demandé la suspension des quatre AEPE en cours sur la Tunisie, mais seulement après que l&#8217;administration des douanes a interrogé le ministère des Affaires étrangères, afin d&#8217;établir si, compte-tenu du pays de destination, l&#8217;avis sans objection formulé par ce ministère devait ou non être maintenu.</em></p>
<p><em>L&#8217;absence de réactivité de Michèle Alliot-Marie s&#8217;avère de ce point de vue totalement dramatique.</em>&laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<p>Et pendant ce temps, Laurent Gbagbo, battu par Alassane 0uattara aux présidentielles, refuse toujours de céder le pouvoir. Le nouvel ambassadeur de Côte d&#8217;Ivoire en France a du chasser son prédécesseur par la force. Si l&#8217;option militaire demeure envisageable, c&#8217;est plutôt celle des pressions économiques et de l&#8217;étranglement financier qui est pour l&#8217;instant retenue pour déloger le dictatuer. Celui-ci a réquisitionné des avoirs bancaires et la BCEAO a immédiatement fermé ses locaux dans tout le pays. Les banques parviennent à s&#8217;arranger entre elles de sorte quejusqu&#8217;ici tous les paiements ont pu être honnorés. Mais la situation économique pourrait devenir délicate pour beaucoup d&#8217;Ivoiriens. Acculé, Gbagbo s&#8217;est lancé dans un vaste plan de nationalisations qui n&#8217;ont bien évidemmentrien à voir avec une quelconque collectivisation enfaveur du peuple.</p>
<p>Décidément, sale temps pour les tyrans ! Cela suffira-t-il pour autant à nous en débarasser définitvement, ou le jeu des chaises musicales est-il relancé ? Le temps nous le dira&#8230;</p>
<p>______________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 2/02/2011 @ 20h08 :</strong></p>
<p>La contagion se propage en Jordanie, au Qatar et en Syrie. L&#8217;algérie prépare également un rassemblement pour le 12 Février.</p>
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		<title>Et Ben s&#8217;en est Ali ! Révolution de Jasmin ou coup d’Etat en Tunisie ?</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jan 2011 14:21:46 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Actualité de la guerre d'émancipation]]></category>
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		<description><![CDATA[L’année 2011 commencerait-elle bien ? Vendredi 14 Janvier, le président Ben Ali au pouvoir en Tunisie depuis 23 ans a fui le pays, laissant les rênes à son premier ministre Mohammed Ghannouchi. Un tyran s&#8217;en est allé. Première révolution de l’année ? Ou coup d’État militaire pour sauver le régime ? _______________________________________________________________________________________________________________________________ _______________________________________________________________________________________________________________________________ Depuis que [...]]]></description>
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<p><span style="color: #ffffff;">_______________________________________________________________________________________________________________________________</span></p>
<div id="attachment_14" class="wp-caption alignnone" style="width: 295px"><a href="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/01/anonymous_tunisia_top1.jpg"><img class="size-full wp-image-14" title="anonymous_tunisia_top" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/01/anonymous_tunisia_top1.jpg" alt="collectif Anonymous" width="285" height="190" /></a><p class="wp-caption-text">collectif tunisien de cyberactivistes Anonymous qui a soutenu le mouvement en diffusant l&#39;information, participant à l&#39;organisation du mouvement sur internet et attaquant informatiquement plusieurs organismes officiels ainsi que la Bourse tunisienne. Ce mouvement largement organisé sur les réseaux sociaux d&#39;internet (qui ont été censurés) est qualifié par beaucoup de première révolution numérique</p></div>
<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } -->Depuis que Mohamed Bouazizi, petit vendeur de fruits et légumes, s’était immolé par le feu le 17 Décembre 2010, à l’âge de 26 ans, par désespoir et en protestation face aux conditions de vie difficiles des Tunisiens, le mouvement de protestation n’a fait que prendre de l’ampleur jusqu’à faire vaciller le régime. En réaction au suicide du jeune homme qui s’était vu confisquer sa marchandise par la police, toute la Tunisie s’est progressivement mobilisée. Les manifestations ont été réprimées dans le sang, faisant plus d’une soixantaine de morts en un mois, mais elles n’ont cessé de prendre de l’ampleur. Lycéens, étudiants et commerçants dans la rue, plusieurs milliers d’avocats mobilisés (sur les 6000 que compte le pays), des journalistes protestant contre le muselage de la presse par le gouvernement… Le tyran Ben Ali a fait fermer tous les lycées et toutes les universités du pays et décrété un couvre-feu partiel sur la capitale, avant d’être contraint de lâcher du lest, annonçant qu’il ne se représenterait pas en… 2014 (!), limogeant une partie de son gouvernement et plusieurs hauts fonctionnaires, et promettant finalement d&#8217;ordonner à la police de cesser de tirer à balles réelles sur la foule des manifestants.</p>
<p>Mais rien n’y a fait. Le mécontentement en Tunisie avait atteint son paroxysme et plus rien ne pouvait arrêter le peuple tunisien. Un petit vendeur de fruits et légumes aura finalement eu la peu du tyran. Après que plusieurs postes de police et bâtiments officiels dans tout le pays ainsi qu’une banque et les résidences de membres du clan au pouvoir aient été incendiés, une foule de 5000 personnes s’est massée dans l’après-midi du 14 Janvier devant le premier ministère, exigeant la démission de Ben Ali. Celui-ci aurait donné ordre à l’armée de tirer sur la foule, ce qu’a refusé de faire son chef d’État-major. Lâché par l’armée qui désormais protégeait les manifestants de la police, le tyran a pris la fuite à bord d’un avion, passant par Malte avant de tenter de gagner la France où Sarkozy face à la pression de la communauté tunisienne française, de l’Union Européenne et de plusieurs 0NG exigeant l’arrestation du dictateur a finalement refusé que l’avion se pose au Bourget. Ben Ali a alors gagné le Moyen-0rient et serait attendu chez l’une de ses filles à Montréal, installée dans une maison de trois millions d’euros… Le gouvernement français a soutenu jusqu’au bout le régime tunisien, Michelle Alliot-Marie poussant l’indécence jusqu’à offrir une aide sécuritaire au gouvernement de Ben Ali !</p>
<p><strong>Libérée la Tunisie ? Pas certain…</strong></p>
<p>L’armée a remis le pouvoir entre les mains du Parlement, qui a finalement investi le premier ministre pour la présidence par intérim jusqu’à de prochaines élections anticipées annoncées d’abord dans deux mois puis dans six. Le président par intérim Mohammed Ghannouchi, proche du président et dur du régime,a invoqué l’article 56 de la constitution pour annoncer l’empêchement temporaire de l’ex-dictateur en fuite. Il aurait, objectent déjà certains, pu invoquer l’article 57 et annoncer un empêchement définitif. Son choix rend la présidence de Ben Ali, sinon effective, toujours légale. En choisissant d&#8217;appliquer l&#8217;article 56, le premier ministre prend la succession de Ben Ali. si l&#8217;article 57 avait été invoqué, c&#8217;est le président du Parlement qui aurait assumé cette charge.</p>
<p>La Tunisie s’est-elle mise sur le chemin qui la conduira à la démocratie ? Rien n’est moins sur. Si Ben Ali a quitté le pays, le régime est toujours en place. Un couvre-feu a été déclaré de 17h à 7h, interdiction faite à tous de se rassembler à plus de trois personnes, et l’armée a annoncé qu’elle tirerait sur tous ceux qui ne respectent pas la procédure. Tandis que les pillards – dont de nombreux policiers et principalement des miliciens inféodés à l&#8217;ancien régime – mettent le pays à sac et que la police pour l&#8217;essentiel toujours fidèle à Ben Ali continue de tirer sur les manifestants, le nouveau président prend ses fonctions.</p>
<p>Souhaitons bon courage à nos camarades tunisiens ! Ils en auront besoin pour la suite. Si la Tunisie accédait à une véritable démocratie, ils auraient une sérieuse avance sur nos semi-démocraties en régression. Mais parviendront-ils seulement à obtenir des droits équivalents aux nôtres ? C’est à voir. Il est malheureusement fort possible que l&#8217;issue de la révolte légitime des Tunisiens ne soit qu&#8217;une révolution de palais. Mais une chose demeure certaine : on voit difficilement comment cela pourrait être pire qu&#8217;avant ! Les Tunisiens n&#8217;avaient plus rien à perdre ; ils ont aujourd&#8217;hui tout à gagner.</p>
<p>__________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 15/01 @ 17h04 :</strong></p>
<p>Le Conseil Constitutionnel tunisien a finalement invoqué l&#8217;empêchement définitif (article 57). De ce fait, le président du Parlement a pris la place du premier ministre à la tête de l&#8217;État. La constitution prévoit un délai de 45 à 60 jours pour de nouvelles élections. Ben Ali n&#8217;est plus légalement président de la Tunisie.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les violences se poursuivaient.</p>
<p><span id="more-12"></span>__________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 15/01 @ 20h14 :</strong></p>
<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } -->Le nouveau président par intérim Fouad Mebazaa, ministre sous Burguiba et membre de l&#8217;aristocratie tunisienne chargé de former un gouvernement d&#8217;union nationale, n&#8217;a pas pris contact pour l&#8217;instant avec les partis les plus critiques envers le pouvoir, qui avaient été interdits sous Ben Ali.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>Taoufik Djebali, universitaire tunisien, remarque que tous les partis d&#8217;opposition n&#8217;ont pas été invités à la table de Mebazaa :</p>
<p>« <em>Seuls les cinq partis d&#8217;opposition de façade, en fait très proches du pouvoir, ont été sollicités.</em></p>
<p><em>Deux partis réellement hostiles au pouvoir, le Parti démocratique progressiste (PDP) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés, ont été contactés.</em> »</p>
<p>Moncef Marzouki, président du Congrès pour la République réfugié en France, regrette de ne pas avoir été contacté par Mebazaa. Déterminé, il s&#8217;apprête malgré tout à rentrer en Tunisie le 18 janvier, « sans attendre l&#8217;autorisation de personne ». Lorsque, joint par Rue89, il évoque ce samedi la transition politique, le leader reste cependant prudent :</p>
<p>« <em>Il reste à savoir si le code électoral va être modifié ou non. Les lois actuelles empêchent tout opposant au parti unique à se présenter. Par exemple, il faut avoir le soutien de trente députés pour pouvoir être candidat, sauf que pour le moment ils sont tous partisans du Rassemblement constitutionnel démocratique</em> [RCD de Ben Ali, ndlr]. »</p>
<p>Vincent Geisser, chercheur à l&#8217;Institut de recherche et d&#8217;études sur le monde arabe et musulman (Iremam) et spécialiste du Maghreb, partage cette retenue :</p>
<p>«<em> Il est encore un peu trop tôt pour évoquer une réelle transition démocratique. Il faut voir dans les trois ou quatre prochaines semaines si le processus démocratique annoncé est réellement mis en œuvre, qui sera autorisé à se présenter</em>. »</p>
<p>(source : <a href="http://www.rue89.com" target="_blank">Rue89</a>)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>﻿__________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 16/01 @ 17h03 :</strong></p>
<p>L&#8217;ancien patron des renseignements et de la garde présidentielle, le général Ali Seriati,a été capturé par l&#8217;armée. Une  prise de choix puisqu&#8217;il serait le chef des  milices contre-insurrectionnelles qui terrorisent la population de la  capitale tunisienne.</p>
<p>Le chef de l&#8217;État-major, le général Rachid Ammar limogé par Ben Ali le 14/01 pour avoir refusé de tirer sur la foule puis rétabli dans ses fonctions par Ghannouchi, est le nouvel homme fort du pays. Le technocrate Ghannoucchi a vu ses prétentions à assurer la relève du pouvoir ruinées par le conseil Constitutionnel et le président par intérim Mebazaa n&#8217;a jamais voulu le pouvoir et n&#8217;est pas préparé à l&#8217;exercer. L&#8217;armée reste déployée dans les rues de Tunis et les provinces alentour et le couvre-feu demeure en vigueur. Dès 17h, les coups de feu résonnent dans la capitale chaque soir.</p>
<p>N. Sarkozy appelle les Tunisiens au calme et propose son concours pour la transition démocratique&#8230; C&#8217;est vrai que c&#8217;est un spécialiste de la démocratie, lui dont l&#8217;élection était illégale pour plusieurs raisons (dissimulation de son patrimoine, utilisation des ressources du Ministère de l&#8217;Intérieur pour sa campagne, sa protection et contre d&#8217;autres candidats&#8230;) et qui a travaillé depuis quatre ans à mettre l&#8217;État en coupe réglée et à bâillonner la presse hexagonale. Mais les Tunisiens se souviennent que le gouvernement français a soutenu jusqu&#8217;au bout la dictature de Ben Ali. Les grandes &laquo;&nbsp;démocraties&nbsp;&raquo; occidentales qui collaborent avec de tels régimes et pillent depuis des siècles les pays africains sont moins promptes à condamner des régimes comme ceux de Ben Ali, ou de Moubarak en Égypte, qui sont des partenaires économiques rentables, que d&#8217;autres États voyous comme l&#8217;Iran qui menace directement les puissances occidentales. Derrière les déclarations pleines d&#8217;emphase sur les Droits de l&#8217;Homme se dissimulent souvent des rapports de forces politiques et économiques, ici comme ailleurs&#8230;</p>
<p>﻿__________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 18/01 @ 18h53 :</strong></p>
<p>Le nouveau gouvernement d&#8217;union nationale a été formé ce lundi par le premier ministre Mohamed Ghannouchi, reconduit dans ses fonctions par le président par intérim Mebazaa. Le RCD, le parti de Ben Ali, conserve les ministères stratégiques. Six ministres sont reconduis. Trois chefs de partis d&#8217;opposition ont également été nommés. A noter la nomination inédite du cyberactiviste Slim Amamou au secréatariat d&#8217;Etat à la jeunesse et au sport.</p>
<p>Les figures de la dissidence ont été écartées. Dès ce début de semaine, la contestation de ce nouveau gouvernement et du maintien du RCD au pouvoir a été relancée. Les trois ministres de l&#8217;opposition ont démissionné ce mardi matin et les manifestations ont repris de l&#8217;ampleur. La police a intensifié la répression. Des milliers de Tunisiens sont toujours dans les rues.</p>
<p>En Algérie, en Jordanie et dans de nombreux pays du monde arabe, l&#8217;exemple tunisien est suivi par une mobilisation croissante contre la vie chère, l&#8217;exploitation économique et les restrictions politiques des libertés. Au Yémen, un millier d&#8217;étudiants appellent le monde arabe à un soulèvement général. En Algérie, presque tous les lycées sont fermés, avec un taux de 80% de grévistes parmi les lycéens.</p>
<p>Pendant ce temps, Bernard Tapie est à Madagascar où il s&#8217;apprête à signer un contrat juteux avec le régime dénoncé par les 0NG comme une dictature et encore non reconnu par la communauté internationale.</p>
<p>___________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 13/01 @ 18h13 :</strong></p>
<p>Les cinq ministres de l&#8217;opposition ont démissionné du gouvernement d&#8217;union nationale tunisien moins de 24h après sa formation, sommés par leur base de refuser toute compromission avec le RCD toujours au pouvoir.</p>
<p>En réponse à ces critiques, le Président  par interim, Fouad Mebazaa, et le Premier ministre Mohamed Ghannouchi,  ont annoncé leur démission du RCD, annonçant une « séparation  de l&#8217;Etat et du parti ».</p>
<p>Ces décisions risquent fort d&#8217;être  totalement insuffisantes pour calmer la colère de la population, qui  estime que le RCD cherche un moyen de perpétuer son pouvoir sous  d&#8217;autres formes malgré le départ de son chef suprême, l&#8217;ex-Président Ben  Ali. Les manifestations se poursuivent cette semaine et la foule a occupé ces derniers jours des permanences du parti de Ben Ali.</p>
<p>Dernier coup dur pour le RCD : le parti a été <a href="http://lci.tf1.fr/filnews/politique/le-rcd-tunisien-exclu-de-l-internationale-socialiste-annonce-6226781.html" target="_blank">« exclu » mardi de l&#8217;Internationale socialiste</a>,  dont il était resté membre jusqu&#8217;au bout malgré les critiques.  Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire national du PS chargé des  questions internationales, a déclaré dans un communiqué :</p>
<blockquote><p>« A la demande du Parti  socialiste français, qui l&#8217;avait maintes fois réclamé dans le passé,  l&#8217;Internationale socialiste a rompu toute relation avec le RCD Tunisien  et l&#8217;a exclu de ses rangs. »</p></blockquote>
<p>Un ralliement de la 25e heure des socialistes européens à une révolution dont l&#8217;onde de choc n&#8217;a pas fini de surprendre.</p>
<p>A lire également : &laquo;&nbsp;<a href="http://www.rue89.com/2011/01/19/des-femmes-dinfluence-pour-vendre-la-tunisie-de-ben-ali-186304" target="_blank">Des femmes d&#8217;influence pour vendre la Tunisie de Ben Ali</a>&nbsp;&raquo; sur Rue89 : &laquo;&nbsp;Enquête sur un réseau d&#8217;amitié constitué d&#8217;une élite féminine  française et qui promeut un « visage souriant » du système Ben Ali&nbsp;&raquo;.</p>
<p>___________________________________________________________________</p>
<p><strong>Mise à jour du 21/01 @ 04h58 :</strong></p>
<p>Alors que l&#8217;armée tunisienne intensifie la répression contre les manifestations hostiles au RCD, l&#8217;agence de notation financière Moody&#8217;s a rétrogradé la note de l&#8217;État tunisien. ﻿Alors que la dictature avait droit à un &laquo;&nbsp;Baa2&#8243;, la liberté n&#8217;aura qu&#8217;un &laquo;&nbsp;Baa3&#8243;. Pour les financiers, la révolution tunisienne aurait donc un impact plutôt négatif !</p>
<p>En conséquence, les conditions de crédit ont été durcies pour la Tunisie. Cela facilitera certainement la reconstruction du pays !</p>
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		<title>La première rafle de l&#8217;Etat néo-pétainiste s&#8217;est plutôt bien passée.</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 14:13:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lhg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité du totalitarisme qui vient]]></category>

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		<description><![CDATA[﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿ Mardi 29 juin, sous les protestations des riverains, une opération de police mouvementée devant aboutir à l’expulsion d’un certain nombre de personnes en situation irrégulière s’est déroulée dans un foyer Sonacotra de la rue du Chevaleret, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Sous le prétexte du démantèlement d’un réseau de vente illégale de tours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿</p>
<p style="text-align: justify;">Mardi  29 juin, sous les protestations des riverains, une opération de police  mouvementée devant aboutir à l’expulsion d’un certain nombre de  personnes en situation irrégulière s’est déroulée dans un foyer  Sonacotra de la rue du Chevaleret, dans le XIIIe arrondissement de  Paris. Sous le prétexte du démantèlement d’un réseau de vente illégale  de tours Eiffel miniatures, selon la Préfecture, les policiers ont pu  tester leur nouveau joujou législatif<strong><strong>, </strong></strong><strong><strong>l’enquête de flagrance</strong></strong> généralisée par la politique néoconservatrice au cours des dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Cette  enquête s’inscrit dans le cadre d’une lutte à l’échelle de  l’agglomération, explique Alain Gardère, directeur de la sécurité de  proximité de l’agglomération parisienne. On ne peut pas tolérer que les  touristes soient importunés par des vendeurs de plus en plus agressifs,  qui savent déjouer la surveillance policière.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">(<a href="http://www.metrofrance.com/info-locale/un-trafic-de-tours-eiffel-demantele/pjfD%214hEnkbCopeDeCF7J0Xg9Tg/" target="_blank">Metrofrance.com</a>)</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble donc que la lutte contre la  violence commerciale soit devenue pour la police nationale une priorité !  L’on s’en félicite et l’on attend le démantèlement des structures de  vente semi-forcée que sont les centres commerciaux, et de leurs  officines propagandistes : les agences de pub. La question de la survie  des personnes en situation de précarité qui n’ont pour (sur)vivre que la  seule perspective de la vente à la sauvette de ce type de produits  (souvenirs achetés et vendus “au black”), demeure en revanche posée.  Cela rappelle les grands discours concernant le travail au noir, ses  dangers, le caractère inacceptable de l’exploitation d’une main d’œuvre  fragile, discours qui n’ont été suivis d’aucune sanction des groupes  proches des cercles du pouvoir politique, qui ont pourtant fortement  recours à ce type de pratiques. Pas plus que de mesures de soutien  socio-économique aux personnes vivant en situation de précarité. En  fait, les mesures de  répression de l’exploitation d’une main d’oeuvre illégale, plutôt que  des mesures de protection des travailleurs migrants et précaires, ont  consisté uniquement en la multiplication toujours soutenue des arrêtés  d’expulsion pris à l’encontre des précaires en situation irrégulière… La question de savoir s’ils ont survécu une fois rentrés dans leur pays d’origine, elle, ne semble pas devoir se poser.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon expérience personnelle m’apprend que dans bien des cas l’expulsion vaut condamnation à mort. Nous  ne comptons hélas plus les innocents condamnés à mort dans leur pays,  qui croyaient trouver en France une terre d’accueil, mais n’y ont  rencontré que l’exclusion, la précarité, l’exploitation, la violence,  l’enfermement, et finalement l’expulsion, petite parenthèse de  survie avant la conclusion fatale de la procédure administrative. Un  coup de tampon qui sonne comme la détonation d’un fusil  militairerésonnant à l’oreille du condamné dos au mur.</p>
<h6 style="text-align: justify;">Donc, sous ce prétexte hautement  humanitaire de nous sauver de ces terribles barbares nous poursuivant  sans vergogne pour nous refourguer leurs tours Eiffel en plastique moche  et leurs inénarrables “n’golo-n’golos”, environ  200 policiers ont débarqué mardi 29 Juin au soir au foyer Sonacotra de  la rue du Chevaleret, dans le XIIIè arrondissement, bloquant tous les  accès de 19h à minuit, empêchant toute entrée et toute sortie, enfonçant  porte après porte pour fouiller chaque chambre, sous les huées des  habitants du quartier.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Un riverain, Justin, qui a assisté à la scène, a tourné cette vidéo <a href="http://www.rue89.com/2010/07/04/un-habitant-filme-une-descente-de-police-sous-les-huees-157465" target="_blank">qu’il a adressée à Rue 89</a> ; une autre vidéo prise pendant les incidents nocturnes a également été  mise en ligne sur YouTube par un autre internaute. J’ai réuni ces deux  vidéos :</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://revegeneral.org/info/?p=4"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;">Justin livre son témoignage à <a href="http://www.rue89.com/" target="_blank">Rue89</a> :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« <em>Lors d’une intervention musclée au foyer Sonacotra  de la rue du Chevaleret, une centaine de policiers a bloqué la  circulation dans la rue ainsi que les accès au bâtiment.</em></p>
<p><em>Après avoir forcé les entrées du foyer ainsi que des logements des  résidents, les policiers ont procédé à des fouilles et saisies d’effets  personnels. 29 personnes ont été placées en garde à vue.</em></p>
<p><em>Devant le spectacle, les riverains se sont amassés tout autour du  dispositif. Petit à petit, ils ont exprimé leur solidarité envers les  habitants du foyer ainsi que leur mécontentement face à une telle  opération.</em></p>
<p><em>Vers minuit, sous la pression de la foule, la police a fini par  quitter les lieux sous les huées, laissant alors le quartier sans aucune  surveillance. Une mutinerie s’en est alors suivie.</em></p>
<p><em>Ce n’est que vers 3 heures ou 4 heures du matin que le quartier, d’ordinaire si paisible, retrouva son calme. </em>»</p></blockquote>
<h6 style="text-align: justify;"><strong><strong>Plusieurs résidents auraient été arrêtés, et quatre  portes auraient été fracturées. Au total, 39 personnes ont été placées  en garde à vue.</strong></strong></h6>
<p style="text-align: justify;"><strong><strong> </strong></strong>Le  lendemain de l’opération, lors d’une conférence de presse, la préfecture  de Police a annoncé la saisie de « dizaines de mètres cubes » de  petites tours Eiffel, montres et autres gadgets touristiques, ainsi que  de 20 000 euros en liquide. Trente-neuf personnes ont été mises en garde à vue, dont onze du foyer Sonacotra. Selon le journal Métro, qui a rendu compte de cette conférence de presse, « <em>les  saisies ayant été faites dans le foyer, mais aussi dans des boutiques  de souvenirs du IIIe et dans deux entrepôts à Auber­villiers</em> (Seine-Saint-Denis) ».</p>
<p style="text-align: justify;">Selon le parquet, “<em>l’enquête de flagrance devra déterminer les poursuites</em>” éventuelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les délits invoqués par la police sont le “travail dissimulé” et “l’aide au séjour irrégulier”… 0ui : l’aide au séjour irrégulier. Quel rapport avec l’odieux trafic de bibelots moches ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<h4 style="text-align: justify;">C’est là qu’intervient la notion de <em><strong>flagrance</strong></em>.</h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4"></span>L’enquête  de flagrance est comme son nom l’indique l’enquête de police mise en  œuvre dans les cas de flagrance. Définie par les articles 53 et suivant  du Code de procédure pénale, elle doit se justifier par l’urgence de la  situation (à appréhender par l’agent ou les agents en présence), et se restreint aux crimes et délits punis d’une peine d’emprisonnement (crimes  et délits de plusen plus nombreux, non en raison des fluctuations de la  criminalité et de la délinquance elles-mêmes, mais de par le  durcissement des peines, l’abaissement des âges minimum de détention, et  les reclassifications sarkozystes des délits et crimes).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce  cadre d’enquête a été créé par le législateur au motif invoqué de la  nécessité d’une rapide réaction pénale pour mettre fin au trouble causé  par l’infraction, et pour conserver les preuves. A partir d’une  situation dite de flagrance, l’enquête de flagrance pourra être mise en œuvre et donne alors des pouvoirs importants aux enquêteurs “pour leur permettre de remplir efficacement leur mission de police judiciaire”.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis  la loi n°99-515 du 23 juin 1999 renforçant l’efficacité de la procédure  pénale, la durée de l’enquête de flagrance a été limitée à huit jours.  La loi du 9 mars 2004, promulguée par le gouvernement Raffarin (UMP) a  ajouté un délai supplémentaire de 8 jours lorsque des investigations  plus poussées sont nécessaires, c’est à dire lorsqu’il s’agit d’une  enquête sur un crime ou un délit puni d’une peine supérieure ou égale à  cinq ans d’emprisonnement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La notion de flagrance recouvre deux hypothèses précisées par l’article 53 du Code de Procédure Pénale :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La flagrance proprement dite : Est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">– Si le crime ou le délit se commet actuellement :</p>
<p style="text-align: justify;">* 0u bien la commission de l’infraction est perçue sans ambigüité.</p>
<p style="text-align: justify;">* 0u <strong>l’actualité de la commission d’une infraction peut-être révélée par la perception d’indices apparents, </strong><strong>l’indice pouvant être une attitude</strong>. Il  suffit donc d’avoir subjectivement l’air suspect face à un agent de  police, voire d’être dénoncé comme ayant l’air suspect par un tiers,  pour pouvoir faire l’objet d’une enquête de flagrance.</p>
<p style="text-align: justify;">–  Si le crime ou le délit vient de se commettre, c’est la jurisprudence  et la pratique des parquets qui doivent déterminer le délai entre la  commission de l’infraction et sa découverte. Le délai de 24 à 48 heures  est retenu.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Plus subtile encore,  la flagrance par présomption regroupe deux situations de faits  distinctes attachées à la personne soupçonnée :</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">* Dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la « clameur publique  ». La  clameur publique « n’est pas une rumeur », elle est « constituée d’un  cri », mais elle n’est pas non plus définie dans les textes. <strong>Néanmoins  la clameur publique suffit pour constituer un indice suffisant de  présomption d’imputabilité d’une infraction flagrante. </strong> La clameur publique doit se situer dans un temps très voisin de l’action.</p>
<p style="text-align: justify;">* Dans un temps très voisin de l’action, <strong>la  personne soupçonnée est trouvée en possession d’objets, ou présente des  traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au  délit. Selon la jurisprudence, de tels indices de comportements  délictueux peuvent inclure : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">- la <strong>dénonciation</strong> par la victime (Arrêt de la chambre criminelle du 22 avril 1992) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la déclaration d’un coauteur recueillie par procès verbal (arrêt de la chambre criminelle du 23 mars 1992). ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la fuite d’un individu à la vue de la police  (arrêt de la chambre criminelle du 4 janvier 1982), qui peut autoriser,  dans certains cas, un contrôle d’identité (la Cour de cassation a  toutefois pu considérer que le fait de faire demi-tour à la vue de la  police ne constituait pas un indice suffisant.) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la forte odeur de résine de cannabis ressentie lors d’un contrôle routier (arrêt de la chambre criminelle du 4 novembre 1999).</p>
<p style="text-align: justify;">- La  découverte d’objets, traces ou indices sur la personne a pour effet de  révéler la commission d’une infraction qui vient de se commettre et  d’imputer cette infraction à l’individu trouvé porteur de ces indices  “accusateurs” .</p>
<p style="text-align: justify;">Exemple typique d’une situation qui pourrait arriver :</p>
<p style="text-align: justify;">Imaginons  un village très “vieille France” dans laquelle vit Mr X, seul  “gauchiste”de sa commune, un voyou aux cheveux longs installé depuis peu  pour faire…du bio ! Scandale ! Mr X est rapidement poursuivi par cette  fameuse “clameur publique”, qui n’est pas unerumeur mais dontrien  danslestextes ne permettent de la différencier d’une vindicte populaire,  pure animosité ne s’appuyantsur aucun fondement légal. Tout le village  clame : “C’est homme est louche, un drogué, un hippie, un terroriste  anarchiste ! Bouh ! bouh ! etc.et laclameur parvient aux orielles de la  vigilante maréchaussée. Celle-ci peut alors déclancher une enquête de  flagrance.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux  agents font alors “la planque” derrière le domicile de MrX. Celui-ci  vit en bordure d’un champ dont il ignore que des jeunes viennent parfois  le soir s’y béquoter et y former force démoniaques joints de cannabis…  N’écoutant que leur courage, nos braves enquêteurs inscription alors au  dossier une nouvelle présomption de culpabilité : ayant senti une forte  odeur d’horrible drogue émanant des environs du domicile du suspect  d’activités illégales, les héroïques policiers estiment avoir des  raisons suffisantes pour procéder à une perquisition du domicile du  dangereux voyou. D’autant que son accent italien (car en plus Mr X est  issu de l’immigration, le peuvre n’ayant donc véritablement rien pour  lui !) éveille d’autres soupçons : reconstitution des brigades rouges  honnies ? Passeur d’un réseau de trafic de drogues depuisla  méditérannéequi est, comme chacun lesait, un repaire de terroristes  arabes, donc musulmans, donc intégristes, donc terroristes… Cet  ultra-anarcho-autonome fumeur de joint ne se livrerait-il pas à un  trafic de drogues dures en vue de financer des actions terroristes ?  Après tout, N.sarkozy, le leader minimus de l’Etat français, n’a-t-il  pas déclaré à propos du cannabis, que si c’était une droguue douce, elle  ne serait pas une drogue, et que si c’est une drogue alors elle ne peut  pas être douce… Pensée binaire d’un homme qui considère que le bien et  le mal existent physiquement, etq ue tous les hommes sont prédisposés à  l’un ou l’autre, génétiquement… Normal dès-lors que l’on puisse  envisager d’enfermer physiquement ou à l’aide de camisoles chimiques les  enfants présentant “des signes (suspicion, encore) de comportements  potentiellement déviants, donc dangereux pour un idéologue de la pureté,  de l’aseptisation, de l’ordre, du pouvoir, psychotique radical ayant  déclaré à propos de la formule socratique “connais-toi toi-même”, qu’il  s’agissait “du truc le plus con qu['il ait] jamais entendu” !</p>
<p style="text-align: justify;">Nos  columbos en bleus décident alors courageusement de perquisitionner, au  risque de perdre leurs vies dans une fusillade sauvage, chez le  terroriste islamiste supposé, trafiquant soupçonné d’avoir lu Marx. Ce  sera donc l’occasion de contrôler ses lectures, de l’emmener au poste  afin de le questionner sur ses opinions politiques… c’est ce qui est  arrivé à Hélenne, militante RESF, début 2008 : lors de l’opération  policière menée chez des militants du Réseau Education sans frontière,  outre les listings des contacts et personnes soutenues pas le collectif,  ont été saisis des ouvrages politiques pourtant parfaitement légaux).  Cette situation est malheureusement véridique :</p>
<p style="text-align: justify;">
<h4 style="text-align: justify;">[ <a href="http://www.educationsansfrontieres.org/article26209.html" target="_blank">Elle 			défend les sans-papiers : perquisition et 13 heures de garde-à 			vue pour une militante RESF</a></h4>
<blockquote style="text-align: justify;"><address> "  A 6H10, 4 hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que  c'était la police. j'ai ouvert. ils portaient des gilets par balle. je  ne me souviens plus si ils m'ont montré un papier dès leur arrivée. Je  sais que j'en ai signé un après mais ne me rappelle plus quoi. ils m'ont  parlé des "mes engagements politiques de gauche". tout ce moment reste  très flou, j'étais surprise et je me demandais ce qu'il se passait.au  bout d'un moment ils m'ont dit cherché des bombes de peinture et m'ont  parlé de destruction de DAB distributeur automatique de billets. ils ont  cherché de la littérature subversive. ils ont pris en photos des livres  (le dernier de RESF, de la désobéissance civile...). ils ont fouillé  partout. ils ont voulu voir les photos de mon appareil photo, m'ont  demandé si j'avais des photos de manif. ils ont photographié des notes  sur l'occupation des grévistes. ils ont emmené deux ou trois papiers  qu'ils m'ont rendu. ils ont embarqué mon CV. ils ont voulu prendre mon  ordi mais je leur ai expliqué que je n'avais plus internet depuis deux  ans. ils l'ont fouillé quand meme sans l'emporter. ils m'ont demandé mon  portable et mon chargeur, qu'ils ont emporté. je ne les ai pas  récupéré. ils m'ont dit que je pourrais le récupérer demain. dans  l'appartement ils m'ont parlé du centre de rétention de vincennes.  ensuite nous sommes descendus dans ma cave. ils y ont jeté un rapide  coup d'oeil. j'ai été emmené ensuite au 36 quai des orfèvre. j'y suis  arrivée vers 8h. là j'ai eu le droit aux photos antopométrique, prise  d'empreinte et m'ont fait me deshabiller, m'accroupir et tousser. j'ai  des marques reconnaissables sur le corps qu'ils ont prises en photos. je  leur ai expliqué que c'était une maladie génétique. ils ont fait des  commentaires se demandant si ce n'était pas contagieux.... ensuite, vers  11 h, j'ai été interrogé pour ce qu'ils appellent l'interrogatoire  d'identité (je plus trop sur du terme) par un commandant de police. ils  sont remonté de ma scolarité primaire à mon diplome professionnelle,  m'ont interrogé sur mes voyages et ensuite sur mes opinions politiques.  ils m'ont questionné sur mes activités militantes. je suis remontée en  cellule. j'ai été ensuite changée de cellule car j'étouffais dans celle  où j'étais (en gros 4 mètres carrés, pas d'aération pas d'ouverture).  j'ai demandé à voir un médecin que j'ai vu une heure après environ. il  m'a été demandé de faire un test ADN. avant j'avais dit que j'avais le  droit de refuser. il m'a été répondu que je pouvais être jugé pour ça et  que de le faire été le meilleur moyen de prouver mon innocence. je l'ai  donc fait. vers 16h30 j'ai été vu à nouveau "pour les besoins de  l'enquête". Mon téléphone portable a été évoqué à nouveau. il m'a été  dit qu'effectivement c'était pour cela que j'étais là. on m'a demandé si  j'avais participé à des actes de violences destruction de DAB, investir  la préfecture ou la caf, m'ont interrogé sur mes connexions internet,  les sites que je visite, mes moyens d'informations et si je connaissais  des gens qui avaient commis des actes de violence ( ai répondu pas à ma  connaissance) ou entendu parler d'actes de violence. ils ont beaucoup  insisté pour savoir ce que savais des banques qui dénoncent les sans  papiers, ce que j'en pensais et ce que je pensais des actes violents. la  fin de ma garde à vue a été prononcé à 19h35. je suis sortie après  13h20 de garde à vue. " </address>
</blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">hélène<strong>]</strong></h2>
<address style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.bakchich.info/Mes-13h-de-garde-a-vue,10054.html" target="_blank">(également sur Bachich.info)</a></strong></address>
<address style="text-align: justify;"> </address>
<address style="text-align: justify;"> </address>
<address style="text-align: justify;"> </address>
<address style="text-align: center;"><strong><br />
</strong></address>
<table style="text-align: center;" width="88%">
<tbody>
<tr>
<td>Communiqué RESF Paris Nord Ouest : Des gardes à vue arbitraires et humiliantes<br />
La liberté de circulation est un droit fondamental !</p>
<p>Hélène, militante du Réseau Education sans Frontières dans le XVIIIe arrondissement de Paris a été interpellée à son domicile le lundi 15 février 2010 à 6 H du matin. Son appartement et sa cave ont été perquisitionnés, son ordinateur inspecté. Elle a ensuite été conduite par 5 policiers de la Brigade criminelle, munis de gilets pare-balles, au 36 quai des orfèvres où elle restée en garde à vue. Le tout a duré plus de 13 heures à l’issue de quoi son téléphone portable ne lui a pas été rendu.</p>
<p>Cette garde à vue a été particulièrement éprouvante pour elle, tant pour les conditions hygiéniques et sanitaires déplorables de ces locaux, qu’en raison de certaines réflexions désobligeantes sur les stigmates qu’elle porte sur son corps en raison d’une maladie génétique.</p>
<p>Les policiers l’ont interrogée sur son parcours depuis l’école élémentaire, son chat qui s’appelle Rosa Parks, son travail, ses opinions politiques, ses fréquentations, ses voyages à l’étranger, ses lectures subversives etc. Toutes ces questions n’avaient rien à voir avec le prétexte officiel de sa garde à vue : les mésaventures arrivées à quelques distributeurs automatiques de billets de banque.</p>
<p>En dehors de quelques questions précises liées à l’« affaire des distributeurs », les policiers l’ont interrogée sur ses opinions politiques et son engagement auprès des sans-papiers. Pourquoi ?</p>
<p>Parce que Hélène a constitué, sur son portable, une liste de plus d’une centaine de numéros de téléphone à prévenir par SMS en cas de rafles, c’est-à-dire « d’arrestations massives opérées par la police dans un quartier » (Petit Robert) visant les sans-papiers, par le biais de contrôles d’identité systématiquement opérés en raison du faciès non « gaulois » des individus qui circulent dans les rues de Paris.</p>
<p>Le but de ce « téléphone rafles» est d’alerter le maximum de personnes possible sur ces opérations discriminatoires, afin de se déplacer sur le lieu des interventions, de demander aux policiers la commission rogatoire qui fixe des limites précises à leur intervention, de prévenir les personnes sans-papiers qu’un contrôle d’identité est en cours et qu’elles risquent d’être contrôlées, d’observer le déroulement de ces « opérations », d’en témoigner et d’organiser rapidement la solidarité en cas d’arrestations.</p>
<p>Ces actions policières, menées de façon de plus en plus discrète à Paris (policiers en civil, camionnettes blanches banalisées, etc.), doivent en effet être rendues visibles pour ce qu’elles ont d’inacceptable: priver de liberté des hommes et des femmes parce qu’ils n’arrivent pas à obtenir les papiers que l’Etat leur impose d’avoir. La possibilité de libre circulation des individus reste à nos yeux un droit fondamental. Sur cette liste ont donc été enregistrés tous ceux qui le souhaitaient, parce qu’adhérant à ce principe de liberté de circulation des individus, qu’ils aient ou non le « droit » de séjourner en France.</p>
<p>Nous affirmons notre solidarité avec Hélène et avec toutes celles et ceux interpellés pour leur engagement dans la lutte contre la chasse aux personnes dites sans-papiers. Nous dénonçons les conditions d’arrestation et de garde à vue humiliantes et dégradantes auxquelles les personnes arrêtées sont ou ont été soumises. Et malgré les intimidations, nous poursuivrons notre engagement solidaire aux côtés des personnes dites sans-papiers.</p>
<p>RESF Paris-Nord-Ouest Contacts ; Diane : 0685418181 ; Marie-Cécile : 0684646534 ; Yves : 0620421283</p>
<p style="text-align: center;">jeudi 18 février 2010.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: center;">Mais revenons à notre petite expérience de pensée. La suite soulignera les difficultés de cacher les données associatives et syndicales recherchées lors d’interpellations avec fouilles et perquisitions telles que celle dont a été victime hélène.</p>
<p style="text-align: center;">Il suffit donc d’un comportement “suspect” (timidité ou aversion pour l’uniforme, angoisse bien compréhensible face à des policiers armés, rendant la personne mal à l’aise donc “suspecte”), d’une dénonciation comme “personne louche” ou d’une simple mésentente avec son voisinage, pour déclencher une enquête pouvant conduire à une perquisition. de même, une vague odeur de pétard près de chez vous pourra vous valoir la visite de la police.</p>
<p style="text-align: center;">La perquisition est possible au domicile de toute personne susceptible d’avoir participé aux faits incriminés ou détenant des éléments relatifs à ces mêmes faits. Elle se fait en la présence du mis en cause, de son représentant, ou de 2 témoins. La perquisition doit être faite en respectant les heures légales sauf exceptions.</p>
<p style="text-align: center;">Les perquisitions sont réglementées aux articles 56 et suivants du Code de procédure pénale. Elles sont possibles dans tous les lieux où la personne peut se dire chez elle (définition pénale du domicile) quel que soit son titre d’occupation, comme un camping ou une chambre d’hôtel ou l’appartement d’un tiers si elle y vit.</p>
<p style="text-align: center;">Les perquisitions sont une atteinte au droit à l’inviolabilité du domicile et sont donc très étroitement – quoique de moins en moins – réglementées. Elles peuvent donner lieux à des saisies. Les perquisitions peuvent être menées par la police judiciaire ou par le juge d’instruction. La perquisition est coercitive si elle est faite dans le cadre d’une enquête de flagrance, ce qui signifie qu’il n’y a pas nécessité d’avoir l’accord d ela personne. Elle peut l’être également dansle cadre de l’enquête préliminaire, si les délits ou crimes sont punis d’emprisonnement ou relatifs au terrorisme, aux stupéfiants, au trafic d’armes ou à la criminalité organisée, après autorisation écrite et motivée du Juge des libertés et de la détention. Son déroulement est lui toujours coercitif.</p>
<p style="text-align: center;">En principe, la perquisition ne peut pas avoir lieu la nuit (entre 21h et 6h). Mais, ce qui compte est l’heure de début de la perquisition ; par exemple, si une perquisition commence à 20h elle peut durer jusqu’à 3h. Par exception les perquisitions de nuit sont possibles dans les lieux ouverts au public comme les cafés et les lieux de spectacles ; en matière de proxénétisme dans les lieux ouverts au public ou utilisés par le public ; en matière de trafic de stupéfiants à condition que le lieu visé ne soit pas un lieu d’habitation ; en matière de crime ou délit organisé avec l’autorisation écrite et motivée du juge des libertés et de la détention.</p>
<p style="text-align: center;">L’ordinateur de Mr X peut être saisi, ses fichiers consultés… Il pourra subir la double peine (voire la tripe peine : pénale, économique et sociale – exclusion culturelle et sociale) instituée pour ces cas par l’HADOPI. Si l’on trouve un gramme d’herbe dans son salon, ses contacts téléphoniques pourront faire l’objet à leur tour d’une enquête de flagrance… Le flou volontaire des motifs parfaitement arbitraires car relevant de la seule subjectivité de l’OPJ d’une enquête de flagrance, permet en sautant de soupçon en soupçon d’eqnuêter sur tout le monde sans plus de justification.</p>
<p style="text-align: center;">Cela signifie qu’un militant d’une association de défense des personnes sans papiers peut de cette manière voir la police débarquer chez lui sur une simple présomption d’un vague délit dont il n’est nullement coupable, fouiller son domicile et ses disques durs, et saisir des listes de personnes en situation irrégulière qu’il n’y aura plus qu’à cueillir et mettre dans le premier charter après un court (?) séjour en camp de rétention. Rappelons que ces « centres » n’ont qu’un médecin légiste pour s’assurer de la bonne santé des « pensionnaires » retenus, et que celui ci ne dispose en tout et pour tout que d’un peu d’aspirine et de… calmants généreusement prodigués à tous ceux qui refusent de se tenir tranquilles. Les citoyens pas plus que les associations n’ont le droit de pénétrer dans ces lieux secrets et des plus sordides, dans lesquels violence, humiliation, isolement, insultes, mauvais traitements en tous genres, sévices sexuels, camisoles chimiques et brutalités, pressions psychologiques conduisant au suicide, et grèves de la faim sont le quotidien, où les enfants retenus au mépris de toutes les conventions internationales et du droit européen jouent derrière les barbelés et sous la surveillance d’uniformes armés.</p>
<p style="text-align: center;">Mettons que nos zélés policiers débarquent alors chez vous, dans le cadre de cette enquête de flagrance. Evidemment, ils ne trouvent rien puisque l’enquête n’était motivée que par de vagues rumeurs et un nuage de fumée passant dans votre rue. Toujours est-il qu’ils peuvent désormais fouiller entièrement votre domicile. La même chose peut arriver si à la suite d’une soirée votre voiture demeure imprégnée d’une odeur de cannabis et que vous avez droit à un contrôle routier, ou si lors d’un tel contrôle les policiers voient une clé USB à proximité de votre autoradio : voilà de “bonnes” raisons de vous soupçonner de dissimuler chez vous quelques kilos de cannabis ou de vous livrer à un trafic de musique piratée… Tous vos proches pourront être mis sous surveillance afin de démanteler le “réseau”.</p>
<p style="text-align: center;">Voici donc les flics chez vous, retournant tout puis riant du désordre qu’ils ont laissé et vous traitant de souillon, trouvant un malin plaisir à vous insulter et à vous humilier, brisant parfois des objets et riant en vous proposant de porter plainte… (ça sent l’expérience vécue ? C’est normal).</p>
<p style="text-align: center;">Mais voilà que frustrés de n’avoir trouvé d’armes de destruction massive pour justifier leur action, les zélés policiers décident de fouiller votre ordinateur. Point de mp3 ou de films piratés… Mais imaginons que vous soyez un militant défenseur de la cause des personnes sans papiers, que vous croyez à la solidarité entre les peuples, et que vous ayez sur votre machine quelques données destinées à l’organisation interne de votre collectif… Et voilà nos héros ravis d’avoit découvert ces précieux documents, pouvant à présent les détourner au profit de leur chasse à l’étranger. Vous serez quant à vous interpelé, gardé à vue, poursuivi et vraisemblablement condamné pour aide au séjour irrégulier, un délit de solidarité en somme…</p>
<p style="text-align: center;">Rappelons qu’une garde à vue peut durer jusqu’à 48h, voire avec le régime dérogatoire 96h pour un certain nombre d’infractions détaillées dans le premier commentaire de cet article. Nous y aborderons le problème des incarcérations arbitraires que permettent ces enquêtes sur simple présomption de culpabilité (à mettre en relation avec l’abolition de la présomption d’innocence par la loi HADOPI qui oblige à prouver son innocence, notamment par l’installation – payante et uniquement compatible avec le logiciel privé et payant Micro$oftWindaube – d’un mouchard gouvernemental sur son PC, qui espionnera vos échanges d’informations et pourra être interrogé afin de déterminer si vous avez ou non piraté. [cf également le problème de l'alibi]).</p>
<p style="text-align: center;">Enfin, l’art. 73 du Code de Procédure Pénale permet à tout citoyen et non aux seuls agents de la force étatique d’arrêter l’auteur d’un crime ou délit flagrant.</p>
<p style="text-align: center;">{ suite en commentaire }</p>
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		<title>La guerre au pouvoir face à la guerre des pouvoirs : diviser pour mieux régner, le choc idéologique. Vers un totalitarisme total ?</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 18:52:05 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>A chaque fois que je lis un communiqué d’Egalité &amp; réconciliation,  ou que j’écoute une interview de Soral, j’en ai froid dans le dos…</p>
<div id="attachment_43" class="wp-caption alignnone" style="width: 250px"><a href="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/01/n1298274693_257615_9227.jpg"><img class="size-full wp-image-43 " title="n1298274693_257615_9227" src="http://revegeneral.org/info/wp-content/uploads/2011/01/n1298274693_257615_9227.jpg" alt="national-bolchevisme" width="240" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">logo du national-bolchevisme</p></div>
<p>La bête immonde est bel et bien de retour.</p>
<p>0h, bien sur vous allez me dire que je confonds tout, que Soral n’est  pas un nazi et que le fascisme est mort en 45, et vous aurez raison…  quoique…</p>
<p>S’il n’y a pas de lois objectives de  l’Histoire, contrairement à ce que croyait Marx, il n’en demeure pas  moins qu’il existe des structures du pouvoir qui se développent de façon dialectique dans nos sociétés  verticalisées, qu’elles s’opposent, surgissent, se développent,  déclinent, meurent, et qu’elles s’hybrident également. Plus nous gagnons  en autonomie, plus le pouvoir se renforce en retour pour briser cette autonomie. Là où Marx avait  tort, c’est que c’est à nous de décider de la synthèse finale de la  dialectique historiale. Rien n’est écrit d’avance.</p>
<p>Ainsi, si rien ne permet d’affirmer que  l’histoire se répète à l’identique selon des schémas objectifs/naturels  prédéfinis, il est un fait que le développement du pouvoir connait à la fois des cycles et des schémas susceptibles d’être  réutilisés, indépendament ou en combinaison avec d’autres. C’est ce que  nous observons avec la répétition de schèmes fascistes dans le  développement sécuritaire du capitaliste, ce que je nomme le  capitalofascisme. Il ne s’agit ni du capitalisme, ni du fascisme, mais  bien à la fois d’un capitalisme et d’un fascisme, cette structure  nouvelle reprenant et combinant en les perfectionnant les outils  coercitifs les plus efficaces des deux systèmes, en tentant de combler  par cette synthèse leurs lacunes respectives.</p>
<p>Il est donc certain que nous ne  revivrons pas les années 30. 0uf ? Devons-nous pour autant nous réjouir  de la chute du capitalisme ? J’aimerais dire oui, mais ce qui se profile  à l’horizon n’est guère plus réjouissant que la servitude salariale !</p>
<p>A la division classique et grossière  gauche – droite tend à se substituer une explosion de petits  communautarismes gravitant autour d’un capitalisme renaissant comme  capitalo-fascisme qui sécurise le champ de leurs affrontements. Une  monopolisation du champ politique par une droite ultra conservatrice se  radicalisant de jour en jour.</p>
<p>Face à cette mutation du pouvoir qui en renforce l’emprise, la tentation de “la gauche du travail, la  droite des valeurs” prônée par des collectifs tels Egalite &amp;  Reconciliation n’est pas une solution et n’a rien non plus de subversif :  sous couvert d’opposition à un système qui est déjà mort (le  capitalisme contemporain), ce monstrueux mélange rouge-brun de  stalinisme et de maurassisme, d’un poujadisme qui ne constitue qu’une  version grossièrement caricaturale du marxisme, fait le jeu du système  de demain, de la mutation du pouvoir capitaliste en coercition capitalofasciste (parfois appelée  “technototalitarisme”, terme que jeréserve à la forme que prendra ce  sytème qi nous le laissons parvenir à son stade de développement  maximal). Ce n’est qu’un nationalisme de plus qui présente le danger de  se présenter comme une troisième voie unissant les opposants à la  tyranie capitaliste. Mais sous couvert d’union, c’est la division qui se  profile, le sacrifice de la révolution à la causenationaliste. Il n’y a  pas là d’alternative : le pouvoir demeure le pouvoir,  la préférence nationale demeure un communautarisme impérialiste. Il n’y  a pas de “gauche du travail” chez eux : car la “gauche” dont ils tirent  leurs principes sociaux est celle de Lénine, d’une gauche déjà  liquidée, vendue à l’exploitation capitaliste, d’un capitalisme d’Etat  comme nous le dénoncions déjà en 17. Leur “union” est celle d’une droite  et d’une autre : totalitarisme fascisme et totalitarisme bolchévique…  Hitler nous avait déjà fait le coup du “national-socialisme”… La gauche  du travail et la droite des valeurs, lui aussi… 0n s’en souvient. Il ne  peut y avoir d’alternative que par une troisième voie communiste  libérale, et non nazional-léniniste, c’est à dire une voie anarchiste  affirmant l’autogestion citoyenne et ouvrière, la collectivisation des  ressources naturelles, le marché libre et l’autonomie individuelle et  collective, et assumant l’internationalisme, la solidartité sanslaquelle  toute perspective révolutionnaire est vouée à l’échec. C’est le strict  opposé du programme d’Egalité  &amp; Réconciliation, qui n’a pris que le  pire des courants dont ils se réclament.</p>
<p>Le Père est à l’agonie, mais le fils indigne est de retour et entend bien profiter de la situation.<br />
L’urgence révolutionnaire découlant de la tension historique dont est  chargée notre époque transitoire est double : urgence d’une révolution,  mais aussi urgence de ne pas se tromper de révolution. Proposer une  alternative libertaire au capitalisme à l’agonie, au capitalofascisme en  développement, mais aussi au vieux nationalisme qui revient paré de  nouveaux atours trop tendance, trop en phase avec le pouvoir qu’ils dénoncent faussement, non pour l’abolir mais pour se l’accaparer.<br />
Le déclin du capitalisme ne signe pas la mort du pouvoir mais sa mutation sous une forme encore plus brutale,comme le  capitalisme industriel constitua jadis une forme plus aboutie de  l’immonde Totalité que ne le fut son prédécesseur le féodalisme.<br />
Avant de définitivement tuer le Père, il nous faut nous débarasser du  frère brun qui sous couvert d’avenir veut nous ramener des siècles en  arrière.<br />
Leur paix sera encore celle des cimetières. Ne nous laissons pas avoir  par les mirages d’une extrême droite fardée de rouge comme la première  des catins qui vous promet monts et merveilles mais ne vous offre qu’une  chaude-pisse. Le nationalisme n’a jamais été ni ne peut être du côté  des individus ni des peuples, du côté de l’autonomie, de la liberté, de  l’égalité, de lafraternité ou solidarité, mais la Nation demeurera  toujours l’Idole d’un pouvoir divinisé, absolu, d’une métaphysique de la domination.</p>
<p>Il n’y aura de libération que dans le refus de la soumission, non  dans le troc d’une servitude contre une autre, plus brutale encore,  peut-être… C’est le pouvoir en tant que tel qui doit être attaqué, non un pouvoir particulier. Le capitalisme ne constitue qu’une forme particulière de  la servitude.Nous avonsencore trop àperdre et toujours trop à gagner à  nous révolutionner pour brader la révolution aux tenants d’un ordre  coercitif absolu.</p>
<p>Il ne s’agit même plus d’éviter de répéter les erreurs du passé. Nous  en avons été incapables. Mais je commence à me demander à présent si  nous serons seulement capables d’éviter de commettre les erreurs que nos  aïeux ont quant à eux su éviter.</p>
<p>Ne nous laissons pas aveugler pas les mirages de la convergence  anticapitaliste ; ne succombons pas au chant des sirènes qui déjà  ensorcelèrent nos grands-pères : un anticapitalisme qui pactiserait avec  le nationalisme, ne serait pas un refus global de l’autorité sous toutes  ses formes, ne saurait être l’allié des forces progressistes engagées  du côté de l’autonomie. L’anticapitalisme nationaliste n’est qu’une  énième version du fascisme, et une énième forme de la servitude, qui ne  combat ni la domination ni l’inéquité mais seulement l’une des formes  concurrentes de la soumission, de la verticalité. Égalité &amp;  Réconciliation est à la lutte anticapitaliste ce que le  lénino-stalinisme fut aux luttes sociales et au communisme des origines :  quelque chose à mis chemin entre une trahison et une récupération,  l’0PA du FN sur l’extrême-gauche en faillite et les minorités  non-juives, qui voient dans l’”antisionisme” affiché un refus de  l’impérialisme quand il dissimule un antisémitisme bien réel. Mais  changer de bouc émissaire ne changera rien : si nous voulons êtres  vraiment libres, il faut refuser d’avoir un bouc émissaire, et prendre  en main dans l’union des individus et communautés notre destin commun en  opposant un front uni au pouvoir. 0r l’union ne peut se faire au sein d’un groupe qui promeut la division.</p>
<p>La division ne profite qu’à qui veut régner.</p>
<p>Ces gens là se revendiquent d’idées que même Staline, lorsqu’il  les appliqua, n’osa pas revendiquer ouvertement. Ils disent connaitre  Marx mais sont capables d’affirmer qu’il n’était pas hostile au concept  de Nation, ce qui indique qu’ils n’ont jamais lu aucune de ses oeuvres  majeures.</p>
<h6><span style="text-decoration: underline;"><strong>Soyons clair : Marx a toujours dénoncé l’État et le droit national comme des instruments de classe au service du capitalisme. Le projet communiste est celui d’une société mondiale autogestionnaire passant par l’abolition des États-Nations.</strong></span></h6>
<p>Historiquement, l’emploi du mot “socialisme”, s’il a d’abord pu  servir à qualifier les principes qui gouvernaient l’action militante  prolétarienne en général (XIXè), a ensuite été utilisé par Marx pour  évoquer la phase de transition étatiste vers le communisme : la  dictature du prolétariat… détournée par Staline qui en a fait une  dictature sur le prolétariat qu’il a prolongé jusqu’à la fin de sa vie  et qui lui a finalement survécu.<br />
Cette dictature nationaliste n’a aucun rapport avec ce que Marx définit  comme la société communiste et qui est bien une société sans nation.<br />
Les divergences entre communistes et anarchistes portaient alors  essentiellement sur la nécessité de la phase transitoire de la  dictature, du fait que les marxistes adoptent une lecture déterministe  de l’histoire devant nécessairement aboutir à la société communiste,  après être passée par certaines phases inévitables (esclavage,  féodalisme, capitalisme, socialisme, communisme clôturant l’histoire),  tandis que les anarchistes s’inscrivent dans une perspective  subjectiviste niant ce déterminisme et revendiquant la nécessité pour  les hommes de prendre eux-mêmes leur destin en main, tout en acceptant  souvent certains éléments de la théorie matérialiste (marxienne) de  l’histoire, assumant ainsi l’analyse des structures du pouvoir et leur évolution dialectique, sans y voir la marque de quelque loi objective de l’Histoire.</p>
<p>Il n’a jamais été question à gauche de s’accommoder de la nation. Les  débats n’ont porté que sur la nécessité ou non, voire la dangerosité,  d’une phase étatiste purement transitoire (dont on a constaté avec  effroi les dangers de l’URSS à la chine) – débat anars/communistes –  puis sur la question d’une abolition radicale immédiate et  éventuellement violente de la nation ou bien à l’inverse d’un réformisme  qui amende le capitalisme et affaiblit progressivement l&#8217;État de  l’intérieur (position des partis “socialistes” qui les a peu à peu menés  d’une position combative à une acceptation et un accompagnement du  capitalisme renonçant à toute référence à la lutte de classes).<br />
Aucune formation ne peut se revendiquer de Marx, du socialisme ou du  communisme, tout en défendant un projet nationaliste. Les fondements de  la gauche comportent en leur fronton explicitement la référence à  l’abolition de la Nation.</p>
<p>En fait de troisième voie, il n’y a là qu’un amalgame populiste au  service d’une idéologie ultraconservatrice et fascisante. L’alternative  au capitalofascisme serait, après le capitalisme, le fascisme tout court  ? Le nazional-sécuritaire ou le capital-sécuritaire, la servitude  d’hier ou celle de demain ?</p>
<p>… “Gauche du travail, droite des  valeurs”, ça n’a aucun sens : dans une société juste, les valeurs de  justice gouvernent l’activité ; dans une société de pouvoir, les rapports de production déterminent l’idéologie qui les justifient. Et c’est Marx qui le dit…</p>
<p>Il ne sera jamais question pour un communiste authentique de  s’associer avec quelque projet en vue d’une révolution nationaliste, ni  de soutenir un quelconque projet nationaliste, fut-il fardé de rouge. Le  maquillage est trop grossier, la falsification trop flagrante !</p>
<p>Qu’ils lisent seulement les auteurs dont ils déforment grossièrement les propos !</p>
<p>Ceux qui se revendiquent de Marx mais défendent les idées staliniennes feraient bien de retourner à la lecture du Capital.</p>
<p>Apprenons à connaitre les auteurs dont  se revendiquent nos leaders “éclairés” avant de gober n’importe quoi et  de suivre aveuglément ceux qui disent posséder une solution… Mais ont  toujours une préférence pour telle ou telle communauté, ou une haine  plus ou moins affichée et revendiquée pour divers motifs pour tel ou tel  peuple.</p>
<p>La nation est fermeture. L’opposé de l’existence. L’enfermement.</p>
<p>Le seul moyen de garantir la liberté est de la reconnaitre à tout homme.</p>
<p>Ces organisations dévoilent presque explicitement leurs tendances idéologiques dans leur critique de l’immigration.<br />
Le critère racial est (en apparence) abandonné, mais l’organisation  sociale nationaliste, la fermeture des frontières, revient à transposer  le problème de la lutte de classes et d’individus à une lutte entre  communautés dégénérant en une concurrence éventuellement militaire entre  nations. L’on ne règle aucun problème ; on transpose à un échelon  supérieur. Les exclus demeureront des exclus, mais ceux qui étaient des  parias vivant dans une nation riche ont en effet à y gagner : ils seront  intégrés au corps social d’une nation puissante. Que les autres crèvent  alors ! En fait de changement, un simple jeu de chaises musicales, une  redistribution des cartes… Et toujours quelques gagnants pour de  nombreux perdants.<br />
Mais la fermeture de la solidarité à une communauté ne peut produire, à  terme, que le déclin de cette communauté et des antagonismes sociaux,  même internationaux, tels que le renversement des forces devra advenir.  Se fermer revient finalement toujours à se condamner, et à condamner les  autres. Un prix trop élevé pour trop peu de liberté : n’oublions pas  que cette idéologie s’oppose à l’émancipation féminine, aux libertés de  moeurs, de croyances, de genre… Tous les leaders de ce mouvement sont  des intégristes chrétiens, qui ont accepté au vu de leur infériorité  numérique de recruter chez leurs ennemis musulmans d’hier, fédérés  contre l’ennemi commun, l’ennemi de toujours : le Juif. L’Algérie  française semble oubliée… Mais l’est-elle ? Les communautés arabes et  musulmanes présentes sur le territoire national ont-elles vraiment à  gagner à cette alliance contre-nature ? qu’adviendra-t-il si les  inégalités peinent à disparaitre, et que les juifs électrocutés (il faut  varier les plaisirs. Je vous l’ai dit : les années 30 ne se  reproduiront pas.) il faut à la Nation un nouveau bouc émissaire contre  lequel s’unir, reserrer l’Identité Nationale ? Qui seront les premiers  sacrifiés ? Car l’Idole appelle toujours des sacrifices pour souder la  communauté des idolâtres autour d’elle, autour du Pouvoir, diviser pour mieux régner.</p>
<p>L’abandon (apparent ?) de la référence raciale ne suffit pas à masquer la xénophobie latente de ces mouvements.</p>
<p>C’est ni plus ni moins que le programme que défendait un certain  Adolf il y a 90 ans… plus modéré qu’en 36, certes, mais ils ne sont pas  encore au pouvoir et la transition n’est pas encore achevée…</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Pour  un communisme libéral anticapitaliste, contre le national-communisme,  le national-socialisme, le nationalisme révolutionnaire ou non, et  toutes les formes du <strong>pouvoir</strong>.<br />
Contre la totalité !</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Pour la Multiplicité, la liberté dansla diversité. Pour l’autonomie individuelle et collective. Pour la solidarité.</strong></span></p>
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