On peut noter la ressemblance de ce conte africain avec des contes occidentaux comme la légende d’Eros et Psyché de la tradition antique, ou la légende de Mélusine écrite par Jean d’Arras à la fin du XIVesiècle. Sans pouvoir rendre justice à toutes les contributions, nous présentons une synthèse de leurs principaux enseignements qui portent sur la théorie de l’oralité, ses formes stylistiques ainsi que sur son inscription dans les sociétés africaines. Dans cet ouvrage tiré de sa thèse de doctorat1, David N’Goran propose, comme indiqué dans le sous-titre, une théorie du champ littéraire africain. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l’un … Mais, en près d’un siècle, les littératures africaines écrites ont co… La littérature africaine, et principalement la littérature subsaharienne, a la spécificité de se nourrir abondamment de l'oralité. Cependant, l’influence de l’oralité sur les littératures d’Afrique noire pose aujourd’hui la question de sa redéfinition. Ces genres oraux facilitent très rapidement la compréhension d’un message entre les membres d’une communauté. Bref dans la « manière de dire » ou le discours de l’auteur. Dans le conte sanan, la mère et sa co-épouse apparaissent coupables d’avoir mal surveillé l’enfant. Au Mali, le récit dogon de Yasama combine plusieurs fonctions. Lord remarque que les procédés caractéristiques de l’oralité se prêtent particulièrement à l’improvisation. Au fond, toute la question est de savoir comment pénétrer au mieux l’âme de l’Afrique et la communiquer aux autres. Date limite : 28 février 2021. L’inscription du conte dans le contexte culturel d’une communauté est bien illustrée par les variantes du conte de l’enfant à la flûte, qui se retrouve dans trois sociétés très différentes : chez les Sanan du Burkina Faso, aux Antilles et chez les Noirs marrons aluku de Guyane. Il vient de poster ce sujet que je me permets de mettre ici à la une dans la mesure où cet espace est d’abord et avant tout le vôtre. 13 La belle et libre Yasama cultive les céréales plutôt que de rester au village comme les autres femmes. Aux XVII, siècles, l’épopée pastorale relate des conflits pour la razzia du bétail, reflétant la violence qui déstructure alors les sociétés de Sénégambie. L’oralité a été convoquée dès l’origine par la critique comme l’un des critères d’approche privilégiés de la production littéraire africaine. La musique accompagne le récit et participe à la construction du sens. Du reste à suivre le sens commun, l’Oralité serait définie comme le caractère de ce qui est « oral », par opposition à ce qui est écrit. L’épopée du Fouladou relate la geste du héros Molô Egge qui dirige une révolte contre les Mandingues. Il peut correspondre à la prise en charge de la scolarité et de l’éducation de l’enfant en réponse à une demande de ses parents. Sur chacun de ces fragments, est résumé un proverbe par une série de signes et d’abréviations3. 14Les thèmes et structures des contes traditionnels se retrouvent dans certaines rumeurs contemporaines. De sa démonstration, il ressort que ce champ trouve, dans les motifs de l’oralité et de la tradition, les éléments distinctifs autour desquels affirmer son autonomie. . L’oralité en tant qu’un trait distinctif de la littérature orale est très bien célébrée dans la littérature antillaise qui a pris sa source de la littérature africaine en raison historique. Quoi de plus pertinente que cette remarque par laquelle je termine cette note. Les motifs de l’oralité et de la tradition occupent une place centrale dans Le champ littéraire africain. : par exemple, lorsque le barde décrit une assemblée, il commence par le chef puis descend la hiérarchie jusqu’au membre le plus humble. De 1993 à 1999, il a été ministre de la Culture de Côte-d’Ivoire. Au Nigeria, une série de contes igbo présente des enfants placés, reflétant la probable dégradation de cette pratique : les contes des années 1970 et 1980 montrent des familles rurales traditionnelles dans lesquelles l’enfant placé est traité comme les autres enfants. 4Tout en reconnaissant au récitant un rôle d’improvisation, les analyses actuelles de la littérature orale sont plus nuancées que celles de Parry et Lord. De ce fait, l’écriture s’avère être le lieu par excellence de l’inscription, le dépositaire de cette culture. La littérature orale est particulièrement enracinée dans la société où elle s’inscrit. Le récit auquel donne son nom le génie Koumen est un récit d’initiation aux techniques pastorales, dans lequel le héros franchit douze clairières qui correspondent à autant d’étapes de son apprentissage. Elle se lie d’amitié avec le renard qui lui révèle les connaissances ésotériques. Peut-être ce conte les moque-t-il au nom des anciennes valeurs païennes et ésotériques (PN, Tourneux). Dans le conte de Bilâli et l’oiseau insatiable, un jeune garçon a invité un petit oiseau à manger à sa guise. Elle concourt à l’enrichissement du débat.. Bonne lecture ! Le conte traditionnel peut s’interpréter comme la nécessité de respecter les mystères de la personnalité ou de la sexualité de son conjoint ; dans la version contemporaine, l’image du serpent pourvoyeur d’argent apparaît comme la métaphore des modes d’enrichissement illégaux et des dangers auxquels ils exposent (AL, Zame Avezo’o). Cet ensemble de valeurs est incarné par l’épopée des deux héros Silâmaka et Poullôri, ou celle du Fouladou10 (PN, Oumarou Bâ). En se présentant sous forme de texte, l´écrit semble bien être plus important en termes de volume que l´oralité et il faut bien noter que cela n´est pas le fruit du hasard. Mais, en près d’un siècle, les littératures africaines écrites ont considérablement évolué dans leur esthétique … En réalité, les données performatives qui sont fondamentales à la Les ressorts narratifs en sont bien souvent les razzias du bétail, conflits entre fratries, rivalités entre co-épouses. En outre, dans les contes, les personnages peu nombreux ont une fonction généralement univoque et explicite vis-à-vis du héros ; genre plus ample, le roman introduit davantage de personnages avec une présence qui peut être affirmée ou éparse, une position susceptible d’être nuancée (AL, Hoensch). 6De nombreuses œuvres de la littérature contemporaine s’inspirent des épopées ou contes traditionnels et reprennent les procédés stylistiques de l’oralité. 15 En effet, monitor a pour origine la racine indo-européenne men – d’où dérivent entre autres mens (esprit), monere (avertir), montrare (montrer) et monstrum (fait prodigieux, sortant de la nature). Un conte de l’extrême nord du Cameroun relate l’histoire d’un enfant terrible (garçon ou fille selon les versions) qui s’en prend à toutes les valeurs sociales. En 1970, il a entrepris la rédaction d’une thèse qu’il n’a pas achevée, Le haut Niger vu à travers la tradition orale. 8La littérature orale est par nature un phénomène social, qui s’intègre dans le cadre des normes de sa prestation ou de la communication interpersonnelle. Les épopées orales reflètent, affirment et transmettent les valeurs de la société peule. Il voit celui-ci avaler toutes les provisions qu’il possède sans pouvoir se désengager. genres oraux se retrouvent dans la littérature africaine de langue allemande. Pour les ethnolinguistiques contemporains, la performance orale associe improvisation et mobilisation de la mémoire. 5 Dans ce roman initiatique (L. Camara, Le regard du roi, Paris, Plon, 1954), un Blanc, Clarence, tente d’accéder à la connaissance de l’Afrique, symbolisée par ce roi dont il s’agit de capturer le regard. Chez les Peuls, chaque groupe social possède en outre des chants épiques qui expriment son identité : des guerriers. Ces mutations ne seront pas sans conséquences sur les études consacrées à l’oralité La littérature orale africaine dans l’œuvre poétiqu e de Senghor Par J. Loralité a grandement contribué au développement de la littérature francophone. Le dicton « œil pour œil, dent pour dent » est logiquement correct mais considéré comme une mauvaise réponse. A l’heure actuelle, le corpus littéraire africain-romans, nouvelles, poésie, contes, fables, légendes, essais... questionne et interroge la place de l’oralité dans toute oeuvre. Elle prend aussi en compte une situation d’échange où … Les épopées sont relatées lors de réjouissances populaires ou de faits sociaux essentiels pour le groupe, par exemple l’initiation des jeunes. Dans son introduction, Ursula Baumgardt définit le cadre théorique et méthodologique du projet pilote ELLAF (Encyclopédie des littératures en langues africaines) qui est à la source de l’ouvrage. Comme les épopées orales, les contes reflètent les structures et valeurs sociales. Cependant, l’influence de l’oralité sur les littératures d’Afrique noire pose aujourd’hui la question de sa redéfinition. Dans cette optique, la critique africaine globale redéfinit la littérature africaine comprise comme objet d’étude en vue de tenir compte de la manière dont le texte africain s’inscrit dans un réseau de textes qui comprend l’ensemble de la littérature mondiale et des contre-littératures mais aussi les autres types de médias. Sur le plan de la construction ou du rôle des personnages, la littérature écrite paraît également porteuse d’une plus grande complexité. Jusqu’à une époque donnée, parler de l’oralité dans une oeuvre revenait à y trouver des bribes de sagesse africaine qui n’ en était quelque fois pas une ; des extraits de proverbes cités, de chants non traduits, des glossaires, des noms des héros de l’Histoire de l’Afrique ou gardiens de la mémoire noire. Sa mauvaise conduite devant les parents de sa fiancée l’empêche d’obtenir une épouse et signifie son échec à devenir un homme (AL, Leonelli). Dans le conte sanan, la mère et sa co-épouse apparaissent coupables d’avoir mal surveillé l’enfant. Récits, discours, images qui paraîtra en juillet 2021 chez LEGS ÉDITION sous la direction de Salma FELLAHI et Réda BEJJTIT. Jugeant ce procédé trop complexe et trop systématique pour être le fait d’un auteur unique, Parry y a vu l’héritage de plusieurs générations d’aèdes qui ont, au fur et à mesure de leurs improvisations, sélectionné sans s’en rendre compte les épithètes les mieux adaptés à la prosodie. Célèbre auteur de L’enfant noir (1953)4, Camara Laye a également publié en 1954 un roman Le regard du roi5. Que ce soit dans les romans, les nouvelles ou la poésie, le tirailleur est un personnage récurrent de la littérature africaine. Mais la référence à l oralité, comme trait culturel spécifiquement africain, a été aussi l objet d un enjeu non négligeable dans l histoire de la critique appliquée aux littératures écrites dans des langues européennes, lorsqu elles ont émergé de façon significative à partir des années cinquante. AccueilNuméros195Analyses et comptes rendusLittératures orales africaines. Lors des réjouissances publiques, le chanteur s’appuie sur cet objet pour soutenir sa mémoire et retrouver les histoires et récits qu’il relate (AL, Camara). La littérature orale est particulièrement enracinée dans la société où elle s’inscrit. … L’oralité constituant le fondement même des sociétés africaines, l’écrivain africain se voit victime du poids d’une « hypoculture ». 2 Marcel Jousse (1881-1961), prêtre et fondateur de l’« anthropologie du geste » a particulièrement étudié les formes orales, la prière et la mémorisation par les enfants ou dans les sociétés rurales ou traditionnelles. Prenant acte de ces remarques, la nouvelle génération à qui les nostalgiques et des thuriféraires de la négritude reprochent le manque d’africanité, pose la question de la redéfinition de l’Oralité. L’homme est célébré pour sa fierté et ses valeurs guerrières, et la femme pour sa beauté et son élégance qui attestent de sa féminité (PN, Abomo-Maurin). Il s’agit aussi souvent pour la famille d’accueil d’avoir une aide pour élever ses propres enfants ou participer aux travaux domestiques. Le problème qui se pose à tout traducteur face à un texte littéraire tient à une certaine dépendance par rapport au contexte du discours littéraire. Le poème D’éclairs et de foudres, publié en 1980, a ainsi pu être rapproché du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire7 (AL, Kobenan N’guettia). Cet enfant se moque de son père, ridiculise les figures du sultan, du griot et du marabout… Ces institutions ne se sont imposées que tardivement au Nord Cameroun, à partir du XVII, siècle. Comment est-elle conçue ce jour par la nouvelle génération d’auteurs venus du continent ? Elle a apporté un nouveau so… Dans son second roman comme dans sa thèse, Camara Laye décrit l’arrivée du roi dans un village, épisode qu’il extrait d’une épopée traditionnelle malinké. À l’héritage de l’oralité africaine, son style réunit de multiples influences, parmi lesquelles les philosophes présocratiques, les poètes symbolistes, et les écrivains de la négritude. 3Cette dimension d’improvisation trouverait sa preuve, selon Parry et Lord, dans la présence de plusieurs traits stylistiques. Cependant, elles développent également la mémorisation et l’intériorisation des normes collectives puisque la seule réponse reconnue comme juste est celle fixée par la tradition9 (AL, Sié Alain). Le pekaan perd sa dimension professionnelle mais se trouve popularisé et renouvelé (PN, Ndiaye). Ces deux rôles se combinent même dans certains contes complexes comme celui de Jaak et son épouse serpent, (AL, Sega Touré). Ses travaux combinent enquêtes de terrain et analyse globale du fait linguistique, selon des approches d’ethnologie mais aussi de théorie littéraire, analyse linguistique ou stylistique. Trois récits wolof mettent en scène un jeune individu (garçon ou fille selon les versions) mal élevé, impoli et désobéissant qui se trouve confronté à un personnage étrange, une tête sans corps. Le conte antillais valorise la ruse du garçon, et la version aluku le courage de l’homme qui le sauve (PN, Platiel). 2Au cours de la première moitié du vingtième siècle, la notion de littérature orale a été éclairée par deux des premiers et principaux spécialistes du genre : Milman Parry (1902-1935) et son élève Albert Lord (1912-1991). Ce mot désigne à l’origine les épopées, empreintes de merveilleux et de mystère, que racontaient les chasseurs bété au retour de leurs expéditions. Il est à remarquer que n’étant pas de traditions écrites mais orales, les peuples d’Afrique au sud du Sahara ont longtemps survécu avec pour héritages culturels des contes, légenges, fables transmis d’une génération à une autre. Dans les contes wolof ou lébou, l’initiation du héros s’accomplit fréquemment par la confrontation avec une figure monstrueuse. Cette différence est attestée par la façon dont un même épisode se trouve traité par l’écrivain guinéen Camara Laye (1928-1980). L'oralité a été convoquée dès l'origine par la critique comme l'un des critères d'approche privilégiés de la production littéraire africaine. De 1980 à 1987, il a dirigé une troupe de théâtre qui a créé une dizaine de ses œuvres, parmi lesquelles La termitière (1981). Les figures stylistiques dans lesquelles Parry et Lord voyaient la preuve d’une composition improvisée sont également celles qui facilitent la mémorisation. 9La littérature orale participe de ce que les linguistes ont qualifié de fonction conative, en ceci qu’elle vise à influencer le comportement des destinataires. A l’heure actuelle, le corpus littéraire africain-romans, nouvelles, poésie, contes, fables, légendes, essais... questionne et interroge la place de l’oralité dans toute oeuvre. Relatant l’initiation de la jeune héroïne, il développe une représentation du rôle des femmes. De nombreuses œuvres de la littérature contemporaine s’inspirent des épopées ou contes traditionnels et reprennent les procédés stylistiques de l’oralité. Les poètes africains actualisent eux aussi les figures de l’oralité traditionnelle, tout en se réclamant d’influences occidentales ou plus contemporaines. Relatant l’initiation de la jeune héroïne, il développe une représentation du rôle des femmes. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l’un des ferments de sa spécificité. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l'un … Lord remarque que les procédés caractéristiques de l’oralité se prêtent particulièrement à l’improvisation. Ces ouvrages honorent deux grands spécialistes de l’oralité africaine : (noté PN) est offert en hommage à Christiane Seydou et. Cet enfant se moque de son père, ridiculise les figures du sultan, du griot et du marabout… Ces institutions ne se sont imposées que tardivement au Nord Cameroun, à partir du XVIIe siècle. Baumgardt, Ursula & Derive, Jean (dir.). Trois récits wolof mettent en scène un jeune individu (garçon ou fille selon les versions) mal élevé, impoli et désobéissant qui se trouve confronté à un personnage étrange, une tête sans corps. Étudiant l’œuvre d’Homère, Parry observe que les épithètes qui caractérisent les héros permettent d’ajuster la prosodie en remplissant exactement l’espace compris entre la césure et la fin du vers. Le conte, considéré comme une parole moins sérieuse, est avant tout l’apanage des femmes. Le recours au proverbe peut être une façon d’adresser à l’autre conseil ou remontrance, dans des sociétés où, comme chez les Bwa du Mali, les relations interpersonnelles proscrivent des propos trop explicites (PN, Leguy). Discours de nouvel an de l’association • Actions pour le Congo-Brazzaville avec • Jean Marie Michel MOKOKO-France • (ACB-J3M), Stratégie : Refuser de se faire vacciner pour prendre Denis Sassou Nguesso dans son propre piège. Azané est mis à mort par les hommes de main du système colonial, « hommes blancs habillés de noir et hommes noirs habillés de blanc ». L’épopée développe ainsi un récit collectif qui construit une identité idéologique ou culturelle. Ces deux ouvrages rassemblent des contributions qui ont été écrites pour la plupart par des membres du centre LLACAN (Langage, Langues et Cultures de l’Afrique noire). Cest la rencontre de deux mondes : le monde de loral qui transmet de manière sonore des mémoires, un patrimoine culturel et le monde de lécrit classique. Dans le chapitre suivant, Mme Baumgardt s’emploie à situer le champ de la littérature orale africaine dans les champs voisins de l’oralité seconde (texte oral répercuté sur une transcription), de la réécriture et de la néo-oralité. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l’un des ferments de sa spécificité. L'art du verbe dans l'oralité africaine - E-Book - Ce livre expose les caractéristiques propres à ce mode de culture spécifique qu'est l'oralité africaine. À l’inverse, dans le conte Issa Balêyel, le, libère le héros de sa parole une fois que celui-ci l’a respectée, Les thèmes et structures des contes traditionnels se retrouvent dans certaines rumeurs contemporaines. Célèbre auteur de, , Camara Laye a également publié en 1954 un roman. Les valeurs de bravoure s’expriment notamment dans un épisode où ils affrontent un serpent. À l’inverse, dans les contes plus contemporains, les petites bonnes sont maltraitées par les adultes qui les accueillent (PN, Ugochukwu), . perd sa dimension professionnelle mais se trouve popularisé et renouvelé (PN, Ndiaye). Mais la relation entre les deux champs ne saurait donc avoir été la même tout au long de ces années comme le montre l'auteur. Ces rumeurs présentent une forte ressemblance avec les contes traditionnels dans lesquels Yélé, la fille difficile, a épousé le serpent Mbolo qui a pris forme humaine pour la séduire, la couvre de richesses, mais lui interdit de pénétrer là où il vit. Celle-ci peut être un conjoint non humain, un animal doté de pouvoirs magiques, un génie bénéfique ou malfaisant… Tous ces personnages peuvent être qualifiés par le terme latin, dont la racine étymologique indo-européenne a donné plusieurs dérivés qui traduisent une parenté sémantique en latin entre le monstre et l’idée d’avertissement (notamment par les dieux), . Le barde qui récite a mémorisé le canevas global du récit et la succession des figures. Tuée par son mari, elle est vengée par son fils Amaseru qui ravage et conquiert les villages de la famille de son père. Cette corde consiste en un chapelet qui réunit des centaines de fragments de calebasse mesurant chacun environ cinq centimètres. ‎L’oralité a été convoquée dès l’origine par la critique comme l’un des critères d’approche privilégiés de la production littéraire africaine. C’est ainsi qu’on peut écrire une oeuvre emprunte de l’Oralité en parlant de l’Académie française ou simplement de l’écriture littéraire de facture classique. Oeuvres impersonnelles et imtemporelles, ces « comprimés de sagesse », selon l’expression d’Hamadou Hampâte Ba, constitituent jusqu’à l’heure actuelle le grand héritage des civilisations nègres. De plus, la pratique linguistique peut recéler des points de continuité entre l’oralité et la littérature écrite. IntroductionSelon Peytard (1970) l’oralité est le caractère des énoncés réalisés par articulation vocale et susceptibles d’être entendus. Au début des années 2000, circulait dans les villes du Gabon une série de légendes urbaines présentant des hommes-serpents ou femmes-serpents. Elle n’est plus à rechercher dans les écrits d’auteurs africains comme une aiguille dans un sac de foin et n’a plus pour baromètre le nombre de proverbes cités ou le « parler nègre banania » ! Il voit celui-ci avaler toutes les provisions qu’il possède sans pouvoir se désengager. Une fois dans la chambre, il se transforme en serpent et la jeune fille en meurt. Le. Un article de la revue TTR (Rencontres est … Loralité a donné une dimension exotique et innovante à la littérature francophone. Quelle définition adéquate nous en donne le corpus littéraire africain ? » Par D. Monofila. Sa mauvaise conduite devant les parents de sa fiancée l’empêche d’obtenir une épouse et signifie son échec à devenir un homme (AL, Leonelli). À cause de sa flûte ou de l’air qu’il joue, il se trouve menacé par une puissance malfaisante et finalement sauvé par un homme adulte. Les auteurs de la nouvelle génération insisteraient de leur côté sur le respect des règles imposées par l’écriture. 13Dans les contes wolof ou lébou, l’initiation du héros s’accomplit fréquemment par la confrontation avec une figure monstrueuse. Stratégie : Refuser de se faire vacciner pour prendre Denis Sassou Nguesso dans (...), Discours de nouvel an de l’association • Actions pour le Congo-Brazzaville avec • (...), Le producteur artistique Maurice NGUESSO au chevet des « Bantous de la capitale (...), Après le message de Sassou Nguesso sur l’état de la nation en 2020 : Filles et fils (...). Nous ignorons son identité, mais la parole authentique, celle qui se partage n’a pas de visage. La femme serpent disparaît finalement dans la mer. Celle-ci peut être un conjoint non humain, un animal doté de pouvoirs magiques, un génie bénéfique ou malfaisant… Tous ces personnages peuvent être qualifiés par le terme latin monitor, dont la racine étymologique indo-européenne a donné plusieurs dérivés qui traduisent une parenté sémantique en latin entre le monstre et l’idée d’avertissement (notamment par les dieux)15.